Genève: Le vote des Irlandais met en évidence le défi démocratique au sein de l’UE
Genève, 17 juin 2008 (Apic) Pour le pasteur Thomas Wipf, président de la Communion d’Eglises protestantes en Europe, le rejet par les Irlandais d’un traité visant à réformer l’Union européenne a mis en évidence les grandes faiblesses du fonctionnement de cet organisme composé de 27 pays.
« Le ’non’ irlandais met l’Union européenne à rude épreuve « , a déclaré le pasteur Thomas Wipf, président de la Communion d’Eglises protestantes en Europe, qui regroupe des Eglises luthériennes, méthodistes, réformées et unies. « Le problème avec l’UE, c’est que les gens ne comprennent plus ce qui se passe au niveau européen », a déclaré le pasteur Wipf, qui est aussi président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse.
« Il ne s’agit pas seulement de mieux communiquer le contenu de la politique européenne » a-t-il estimé. « Le problème fondamental qui se pose avec l’UE, c’est l’absence de démocratie. Les citoyens ne voient pas comment ils peuvent influencer les décisions prises au niveau européen ».
Il a toutefois qualifié la décision des Irlandais de rejeter le traité de Lisbonne de regrettable, étant donné que le nouveau traité de l’UE vise à donner aux citoyens européens davantage de possibilités de participer à la vie politique. Un exemple en est fourni, selon lui, par l’obligation faite à l’UE dans cet accord de maintenir un « dialogue ouvert, transparent et régulier » avec les Eglises et les communautés religieuses.
Pour les Eglises protestantes, l’Union européenne représente une contribution positive à la sauvegarde de la paix après la Seconde guerre mondiale, a fait remarquer Thomas Wipf. « Il faut continuer dans cette voie », a-t-il ajouté. « Nous voulons débattre maintenant de l’avenir de l’Europe et non de questions nationales ».
L’Irlande a été le seul pays de l’UE à organiser un référendum sur l’accord signé à Lisbonne le 13 décembre 2007.
A Berlin, le représentant de l’Eglise évangélique d’Allemagne auprès du gouvernement allemand et de l’UE a qualifié le vote irlandais de « grande déconvenue pour ceux qui veulent rapprocher l’UE des citoyens, la rendre plus démocratique et capable d’agir ». Dans l’interview qu’il a donnée à l’agence de presse protestante allemande epd, le prélat Stephan Reimers a déclaré qu’il fallait poursuivre le processus de ratification dans les autres pays européens. Il a souligné que 18 des 27 pays de l’Union européenne avaient déjà accepté le traité de Lisbonne. (apic/eni/js)
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