Campagne publicitaire ambiguë
Varsovie, le 19 juin 2008 (Apic) Une société du secteur de l’habillement en Pologne a été forcée de retirer une campagne publicitaire diffusée dans tout le pays montrant des adolescents dans des poses sexy et portant des rosaires catholiques, après avoir été condamnée par l’organisme chargé de vérifier les normes en matière de publicité.
«C’est la publicité la plus contestée de ces dernières années» a déclaré Konrad Drozdowski, directeur adjoint de la commission d’éthique publicitaire en Pologne, devant des journalistes à Varsovie le 9 juin. «Outre 280 plaintes officielles et plusieurs douzaines de pétitions, nous avons reçu des centaines de courriels et de lettres et plus de 500 appels téléphoniques. C’est la publicité qui a suscité le plus de polémique au cours de l’année écoulée».
Ces propos font suite au jugement rendu par la commission suivant lequel la société «House» a enfreint des normes éthiques en utilisant des images d’Internet et des panneaux d’affichage qui juxtaposent des images d’adolescents des deux sexes dans des poses contemplatives et érotiques.
Konrad Drozdowski a ajouté que plusieurs protestataires avaient qualifié cette campagne publicitaire de «dénigrement brutal du catholicisme», tandis que d’autres s’étaient plaints parce qu’elle «raillait les symboles chrétiens» et «bafouait Dieu et les pratiques religieuses». Il a également expliqué que l’agence de publicité «Artman» avait eu la possibilité de s’expliquer sur ses intentions au cours du débat mené par la commission et de présenter le profil du groupe cible de cette publicité destinée aux jeunes entre 19 et 25 ans.
Images trop suggestives
Les panneaux publicitaires, dont beaucoup sont affichés près des Eglises, montrent une jeune fille et un jeune homme contemplant leur rosaire avec la légende : «Père, protège-moi!». Dans un autre cadre cependant, les mêmes adolescents adoptent des poses suggestives au-dessus du slogan: «Je connais 69 manières de garder ma virginité – et vous?» Le directeur de House, Rafal Sajewicz, a tenu à préciser que le chiffre 69 était le pur fruit du hasard en ajoutant que les objets figurant sur les images ne comportaient pas suffisamment de grains pour être qualifiés de rosaires.
Néanmoins, la commission dit dans son jugement que les objets étaient clairement associés à des rosaires, l’utilisation d’une majuscule pour le mot «Père» impliquant une référence à Dieu. «Tout contenu ayant un effet discriminatoire pour des raisons d’ordre religieux est contraire à notre code éthique en matière de publicité et à nos normes juridiques qui ont force obligatoire», a ajouté la commission qui se compose de 15 juges experts indépendants, désignés par les secteurs de la publicité et des médias.
«Le lien qui s’établit entre les affiches et une prière universellement connue risque d’offenser les sentiments religieux d’un vaste groupe de consommateurs». Les responsables d’Eglise en Pologne ont fréquemment manifesté leur opposition aux images religieuses diffusées dans des campagnes publicitaires, notamment aux posters géants de la société italienne United Colors of Benetton représentant un prêtre embrassant une religieuse, ainsi qu’aux affiches de Norwich Union, le géant de l’assurance originaire de Grande-Bretagne, montrant des croix soi-disant renversées. En janvier, la commission avait condamné un spot publicitaire au moment de Noël où l’on voyait un «quatrième roi mage» représentant l’enfant Jésus tenant une canette de la boisson énergisante Red Bull. (apic/eni/js)
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