Appel au gouvernement à mettre fin à la «culture de l’impunité»
Conakry, 19 juin 2008 (Apic) Le Conseil Chrétien de Guinée (CCG) s’est déclaré, le 18 juin 2008, préoccupé par la cascade de crises successives dans le pays. Depuis janvier 2007, la Guinée est confrontée à divers mouvements de contestations sociales et militaires qui ont fait au total près de 200 morts.
Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion, le CCG, qui regroupe les Eglises catholiques et protestantes locales, déclare constater, «avec une profonde inquiétude, le délitement progressif du tissu social, sous tendu par des prises de positions partisanes basées sur des considérations ethnocentriques et régionalistes».
Le Conseil déplore «l’instabilité chronique et la division au sommet de l’Etat». Cette situation a pour conséquences, «une mal gouvernance caractérisée par l’insécurité galopante, l’impunité à tous les niveaux, l’anarchie, la paralysie des structures administratives, et une justice sélective».
Le CCG «condamne l’utilisation disproportionnée de la force et l’instauration progressive d’une culture de la violence dans la résolution des revendications catégorielles». Il exhorte le gouvernement à publier les résultats des audits, à mettre fin à la culture de l’impunité et de l’injustice qui sont les causes «de toutes les frustrations dans le pays ».
Outre les troubles socio-politiques de janvier 2007 qui ont fait officiellement 186 morts, la Guinée a connu du 23 au 26 mai dernier, une révolte des militaires réclamant le paiement de leurs arriérés de soldes qui remonte à 2003. A peine cette situation réglée, les policiers ont, à leur tour, déclenché un mouvement de débrayage, lundi 16 juin 2008, pour réclamer une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Pour se faire entendre, ils ont pris en otage leur directeur général, son adjoint, ainsi que d’autres hauts responsables de la police.
L’armée qui est le pilier du pouvoir du général Lansana Conté (74 ans), à la tête du pays depuis avril 1984, est intervenue hier mercredi 18 juin pour libérer les otages et mâter le mouvement de grève. Trois personnes ont été tuées lors de cette intervention musclée.
Les douaniers, eux aussi, avaient prévu de faire grève cette semaine pour les mêmes motifs, mais après concertation avec les autorités, ils ont levé leur mot d’ordre. (apic/ibc/js)
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