La crédibilité des élections présidentielles est mise à mal

Zimbabwe: Le COE et des évêques d’Afrique australe tirent la sonnette d’alarme

Harare, 20 juin 2008 (Apic) Les évêques catholiques de Zambie et du Zimbabwe ont exhorté les gouvernements d’Afrique australe à faire pression sur le Zimbabwe afin qu’il garantisse la crédibilité des élections présidentielles. Le COE, pour sa part, a demandé aux Nations Unies d’assurer la sécurité du peuple zimbabwéen.

Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, a adressé une lettre à Ban Ki-moon demandant que les Nations Unies «jouent un rôle de premier plan» en assurant la protection du peuple zimbabwéen, relate l’agence oecuménique ENI. Le COE a également appelé les Eglises à déclarer le dimanche 22 juin Journée de prière mondiale pour le Zimbabwe, un appel qui a été repris par l’Alliance réformée mondiale. «Selon les rapports dignes de foi qui nous sont parvenus, les électeurs sont victimes d’actes flagrants d’intimidation et des gens sont torturés. Certains en sont morts», a dit le pasteur Setri Nyomi, secrétaire général de l’Alliance dans une déclaration le 19 juin.

Dans la lettre qu’il a envoyée au secrétaire général de l’ONU, le pasteur Kobia fait remarquer: «Les cas de harcèlement, de personnes passées à tabac, d’arrestations et de pillage de biens s’étendent désormais aux Eglises et aux organisations de la société civile».

Les Zimbabwéens se rendront aux urnes le 27 juin pour un deuxième tour de scrutin présidentiel dans lequel s’opposent le président Robert Mugabe, à la tête du pays depuis son indépendance en 1980, et Morgan Tsvangirai, leader du parti d’opposition, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC). Aucun des deux candidats n’a obtenu de majorité absolue lors du premier tour, le 29 mars dernier, selon des résultats officiels qui ont été contestés par le MDC.

La violence déferle sur le pays

Dans un communiqué de presse précédant le scrutin du 27 juin, la Conférence épiscopale du Zimbabwe a déclaré: «La violence qui déferle sur le pays, notamment sur les zones rurales et les anciennes exploitations agricoles, est intolérable. Il faut fermer de toute urgence les camps d’où partent les milices pour terroriser des populations rurales sans défense. On force les gens à assister à des meetings électoraux où on leur explique qu’ils ont ’mal’ voté au scrutin présidentiel du 29 mars 2008».

A Lusaka, la Conférence épiscopale catholique de Zambie a ajouté: «Le Zimbabwe est au bord de la débâcle économique et de la destruction politique, nous considérons qu’il est de notre devoir d’élever la voix pour manifester notre solidarité avec les personnes qui souffrent dans ce pays frère de la région».

Le Conseil des Eglises du Zimbabwe qui représente plusieurs Eglises membres du COE a été accusé par certains militants des droits de l’homme d’avoir gardé le silence pendant les évènements qui se sont déroulés dernièrement au Zimbabwe. S’exprimant au siège du COE à Genève le 18 juin, un juriste du Zimbabwe, défenseur des droits de l’homme, Tino Bere, a déclaré que l’on n’avait pas encore entendu de réactions de la part de cet organisme aux nombreuses atrocités commises dans son pays. «Les Eglises du Zimbabwe ont été intoxiquées, délibérément intoxiquées par ceux qui veulent dissimuler la réalité. En se fiant à des informations provenant d’une source intoxiquée, le COE sera lui aussi intoxiqué», a déclaré Tino Bere, ajoutant que les Zimbabwéens n’entendaient pas cesser le combat pour la justice. (apic/eni/bb)

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