Pour la naissance d’un « nouvel Etat palestinien »
Jérusalem, 22 juin 2008 (Apic) Mgr Fouad Twal, nouveau patriarche latin de Jérusalem, a regretté la « politique de la peur » menée par Israël en Terre sainte. Il a invité à « en finir avec le mur » qui sépare les territoires israéliens et palestiniens et souhaité la naissance d’un « nouvel Etat palestinien ».
Radio Vatican a publié une interview du prélat jordanien le 21 juin, au jour de son arrivée à la tête du Patriarcat latin de Jérusalem.
Outre l’aide que reçoivent les chrétiens de Terre sainte, Mgr Fouad Twal a affirmé dans cette interview que ceux-ci avaient besoin de « quelque chose de plus »: « la paix ». « Nous ne voulons plus nous limiter à ’survivre’ (…) en mendiant toute notre vie » car, a-t-il expliqué, « c’est une grande humiliation ». « Nous avons besoin d’un horizon politique, d’un projet », a encore souhaité Mgr Twal, et « il faut en finir avec le mur, avec les check point ». « Il est temps de faire naître un nouvel Etat palestinien, de mettre fin à nos problèmes de visas d’entrée » et de « pouvoir nous déplacer librement pour effectuer nos tâches pastorales, pas pour parler de politique », a souhaité le prélat. Et d’affirmer : « la politique, je la laisse aux politiciens ».
Les déplacements des chrétiens de la région sont limités, a ensuite expliqué Mgr Twal, « car Israël n’a pas confiance, Israël suit une politique de la peur et la peur n’est pas la meilleure condition pour vivre et pour vivre ensemble ».
Un fossé entre promesses et réalité
Evoquant la promesse du premier ministre israélien Ehud Olmert de trouver un accord de paix d’ici fin 2008, Mgr Fouad Twal a indiqué qu’il existait « un fossé entre les belles promesses, les beaux discours, les mots et la réalité, la réalité quotidienne vécue sur le terrain ».
Le nouveau patriarche a cependant précisé que les chrétiens ne perdaient pas « espoir » et a évoqué les « nombreux signes positifs » dans l’Eglise : « nos séminaires sont remplis, il y a de nombreux pèlerins, nous avons de nombreux amis et nous ne sommes pas seuls ». Mgr Fouad Twal a aussi évoqué le rapprochement en cours entre Israéliens et Palestiniens, invitant les deux parties au « dialogue », à la « confiance », « à respecter les résolutions internationales » en vue d’obtenir, pour tous, « la paix et la sécurité ».
Encadré:
Une carrière de diplomate
Benoît XVI a accepté officiellement le 21 juin la renonciation pour raisons d’age de Mgr Michel Sabbah, patriarche de Jérusalem, permettant ainsi que lui succède celui qui était son coadjuteur depuis 3 ans, le Jordanien Mgr Fouad Twal.
Le nouveau patriarche de Jérusalem des Latins, Mgr Fouad Twal, est né à Madaba (Jordanie) le 23 octobre 1940. Ordonné prêtre à Jérusalem en 1966, il a effectué des études de droit canon à l’Université romaine du Latran puis à l’Académie pontificale ecclésiastique, ’l’école des nonces’. En 1975, Fouad Twal est entré à la secrétairerie d’Etat du Saint-Siège où il a travaillé sur les questions relatives à l’Afrique. De 1975 à 1982, il a été chargé d’affaires à la nonciature au Honduras avant de revenir à la secrétairerie d’Etat pour être chargé de l’Afrique francophone. De 1985 à 1992, il a successivement travaillé dans les nonciatures en Egypte, en Allemagne et au Pérou.
Mgr Fouad Twal a été nommé évêque de Tunis en mai 1992. A l’époque, le diplomate aurait été nommé par le Saint-Siège en vue d’établir des contacts avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat, réfugiée près de Tunis depuis l’invasion israélienne au Liban en 1982. Mais l’OLP a quitté la Tunisie en mai 1994 et s’est installée à Gaza après les accords d’Oslo de 1993 sur l’autonomie de la bande de Gaza et de Jéricho.
Le 8 septembre 2005, Benoît XVI a nommé Mgr Twal évêque coadjuteur du Patriarcat latin de Jérusalem.
Encadré:
Le Patriarcat latin de Jérusalem
Le Patriarcat latin a été institué par l’Eglise après le schisme de 1054 entre l’Orient et l’Occident, lors de la prise de la ville par les croisés en 1099, afin d’organiser son implantation en Palestine. Les patriarches latins se sont succédés à Jérusalem de 1099 à 1187, puis à Saint-Jean-d’Acre jusqu’à la chute de la ville en 1291.
Le siège patriarcal de Jérusalem a été restauré comme siège résidentiel le 23 juillet 1847 par la Lettre apostolique Nulla celebrior de Pie IX. Le premier titulaire, le patriarche italien Giuseppe Valerga, est arrivé à Jérusalem le 17 janvier 1848 et a pris possession de son siège en entrant solennellement au Saint-Sépulcre, la cathédrale des patriarches de Jérusalem.
Aujourd’hui, le Patriarcat latin compte quelque 75’000 fidèles et, outre Israël et les terres soumises à l’Autorité palestinienne, sa juridiction comprend la Jordanie et Chypre. Le patriarche est assisté de plusieurs évêques auxiliaires.
Le patriarche latin de Jérusalem est, de fait, grand prieur de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre, président de l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte et de la Conférence des évêques latins dans les régions arabes.
(apic/imedia/ami/bb)
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