Grande-Bretagne: Mgr Nazir-Ali annonce qu’il va boycotter la Conférence de Lambeth
Londres, 24 juin 2008 (Apic) L’évêque anglican de Rochester, Michael Nazir-Ali, a annoncé qu’il va boycotter le mois prochain la Conférence de Lambeth (*) qui réunit tous les dix ans les évêques de la Communion anglicane du monde entier à l’invitation de l’archevêque de Cantorbéry.
Cette nouvelle lézarde encore un peu plus l’unité du monde anglican, déjà mise à mal par la réunion à Jérusalem, cette semaine, de la GAFCON (Global Anglican Future Conference), à laquelle prennent part plus d’un millier de représentants de 17 provinces de la Communion anglicane, tenants de la ligne conservatrice. Cette vaste réunion se veut un « pèlerinage de retour aux racines de notre foi ». Les conservateurs affirment que les courants libéraux réécrivent la Bible pour la conformer aux tendances de la culture moderne.
La GAFCON, qui a bénéficié du soutien de l’évêque Nazir-Ali, a été lancée par les archevêques anglicans du Nigeria, d’Ouganda, du Kenya, du Rwanda, de la Tanzanie, d’Amérique du Sud et d’Australie pour faire pièce aux tendances libérales au sein de la Communion anglicane mondiale. Chef de file de ce mouvement de « régénération » de l’anglicanisme, Peter Akinola, archevêque anglican du Nigeria, a présenté la GAFCON comme un « instrument divin » pour réformer et renouveler l’Eglise et proposer une chrétienté anglicane authentique basée sur l’orthodoxie de la Bible et la tradition ancienne de l’Eglise.
Les milieux traditionalistes anglicans réunis à Jérusalem considèrent que l’archevêque de Canterbury est trop clément. Les archevêques du Nigeria et d’Ouganda ont vivement critiqué le fait qu’il n’ait pas réussi à discipliner l’Eglise épiscopalienne américaine qui a ordonné un évêque ouvertement homosexuel en 2003.
Un contrepouvoir rampant
Le fait que le prélat d’origine pakistanaise Nazir-Ali soit en train de bâtir un contrepouvoir rampant parmi les simples fidèles à l’intérieur de l’Eglise d’Angleterre est une sérieuse menace pour la ligne représentée par l’archevêque Rowan Williams, note le « Sunday Telegraph » dans sa dernière édition. L’évêque Nazir-Ali justifie son absence de la Conférence de Lambeth par la présence à Londres d’évêques favorables aux thèses homosexuelles.
Le journal britannique note que d’autres évêques anglicans de tendance évangélique pourraient lui emboîter le pas. Il relève cependant que la popularité de Nazir-Ali en Grande-Bretagne n’est pas tellement dû à ses positions « anti-gay », mais plutôt à son engagement décidé contre la création « d’îles de non droit » régies par la « charia », la loi islamique que certains milieux veulent imposer dans le pays. L’archevêque Rowan Williams avait lui-même évoqué la possibilité d’introduire certains aspects de la charia, la loi islamique, en Grande-Bretagne.
Le chef de l’Eglise anglicane d’Angleterre avait estimé que cela était « inévitable », entraînant des prises de position très controversées. C’est en 2003 que le conflit a emprunté une pente qui semble irréversible avec l’ordination épiscopale du Révérend Gene Robinson, un prêtre ouvertement homosexuel, comme évêque épiscopalien du New Hampshire, aux Etats-Unis. Si l’évêque Gene Robinson n’a pas été invité à la Conférence de Lambeth, les évêques qui ont participé à l’ordination seront par contre présents fin juillet à Londres. JB
(*) Les Conférences de Lambeth sont ainsi nommées parce que les évêques des tout premiers rassemblements se réunissaient au Palais de Lambeth, la résidence de Londres de l’archevêque de Cantorbéry. La cathédrale de Cantorbéry est considérée comme « l’église mère » de toute la Communion anglicane. Saint Augustin, le premier archevêque de Cantorbéry, arriva de Rome en 597, venant dans le Kent comme missionnaire en Angleterre. (apic/telegraph/bbc/be)
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