Problème historique à la clé

Tchéquie: Les Eglises alarmées par le report de l’accord sur la restitution des biens

Prague, 24 juin 2008 (Apic) Les Eglises de République tchèque ont exhorté le gouvernement de centre-droit du Premier ministre Mirek Topola’nek à faire appliquer un accord longtemps attendu sur la restitution des biens saisis pendant la période communiste, après que les députés eurent voté en faveur d’un report du débat sur l’accord soutenu par le gouvernement.

«L’accord actuel, élaboré par une commission gouvernementale, avantage surtout l’Etat et constitue un signe de bonne volonté de la part des Eglises», ont indiqué dans un communiqué commun Pavel Cerný, président du Conseil oecuménique des Eglises de la République tchèque, et l’archevêque Jan Graubner, chef de la Conférence épiscopale de la République tchèque.

Le communiqué des responsables d’Eglise a été rendu public le 13 juin, après que des députés du Parti démocratique civique, au pouvoir, et des législateurs sociaux-démocrates et communistes, ont voté début juin en faveur d’un report du débat sur le projet de loi sur les biens de l’Eglise, jusqu’à ce qu’il soit réexaminé par une nouvelle commission parlementaire.

Les responsables d’Eglise ont déclaré être «alarmés» par le communiqué d’un leader du Parti communiste, Pavel Kovacik, qui a affirmé que ses représentants feraient «un travail sérieux et de bonne qualité.» Dans un entretien accordé au correspondant de l’agence oecuménique ENI, Pavel Cerný a déclaré que le Conseil oecuménique des Eglises de la République tchèque avait approuvé le projet de loi sur les biens, estimant qu’il aiderait «les Eglises à établir un partenariat avec l’Etat», et qu’il espérait encore que le projet serait adopté.

Désir de maintenir le lien entre Eglise et Etat

«Nous ne voulons pas simplement nous séparer de l’Etat – nous voulons faciliter la collaboration Eglise-Etat, et nous sommes convaincus que de nombreuses personnes dans notre pays sont conscientes que les Eglises contribuent à maintenir la stabilité sociale», a déclaré Pavel Cerný, dont le Conseil rassemble 11 Eglises non catholiques romaines.

«Notre société doit savoir qu’il y a eu des dédommagements pour la période de crimes communiste», a-t-il déclaré. «Après, nous pourrons mieux utiliser notre liberté pour mener à bien notre mission.»

Selon l’accord, un tiers des biens saisis par les communistes seront restitués, et des dédommagements se montant à 83 milliards de couronnes tchèques (3,4 milliards d’euros) seront versés sur 60 ans avec intérêts pour les deux tiers restants. Dans le même temps, les contributions directes de l’Etat aux Eglises, y compris les salaires du clergé, seront réduites chaque année sur les dix ans à venir, pour être totalement supprimées à l’horizon 2018.

Les opposants à l’accord ont déclaré dans un communiqué du 10 juin qu’ils souhaitaient que celui-ci soit réexaminé, après que quatre études indépendantes eurent indiqué qu’une quantité moins importante de biens et de terrains – en comparaison avec la liste établie par le gouvernement – a été prise aux Eglises tchèques après la prise du pouvoir par les communistes en 1948.

Selon l’agence de presse tchèque CTK, des experts de la faculté de droit de l’Université de Prague ont affirmé que les Eglises n’avaient pas droit à un dédommagement. Les experts ont indiqué qu’en 1781, l’empereur Joseph II d’Autriche, qui contrôlait alors les terres tchèques, avait promulgué un décret sur la nationalisation des biens de l’Eglise. Ces biens auraient ensuite été donnés en location aux Eglises pour «des activités sociales bénéfiques». Néanmoins, une source ecclésiastique a déclaré au correspondant d’ENI que la propriété de l’Eglise avait été reconnue avec l’institution d’un code civil en 1811. (apic/eni/js)

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