Le «jugement de Dieu» attend Mugabe
Harare, 25 juin 2008 (Apic) Les appels, déclarations et expressions d’inquiétudes des Eglises se multiplient à la veille de l’élection présidentielle prévue au Zimbabwe le 27 juin.
Les évêques catholiques d’Afrique australe ont déclaré mercredi que «le jugement de Dieu» attend le président zimbabwéen Robert Mugabe, son parti et ses partisans en raison de leurs «atrocités et leurs actes de barbarisme».La Conférence, dans son communiqué, accuse le parti de Mugabe «d’atrocités et d’administration criminelle», et appelle à «un mode de gouvernement de consensus» au Zimbabwe.
Pour sa part, le pasteur Ishmael Noko, secrétaire général d’origine zimbabwéenne de la Fédération luthérienne mondiale (FLM), qui compte 68 millions de membres, a donné raison à ceux qui avaient critiqué les Eglises à cause de leur retard par rapport à la société laïque en matière de leadership dans un Zimbabwe en proie aux troubles. Il a déclaré que les Eglises avaient commis une erreur de jugement vis-à-vis du président du pays, Robert Mugabe, précise l’agence oecuménique ENI.
Le pasteur Noko s’exprimait lors d’une conférence de presse donnée à la veille de l’ouverture du Conseil de la FLM, son principal organe directeur, qui se déroule du 25 au 30 juin à Arusha, dans le nord de la Tanzanie.
Le COE et la Fédération mondiale des étudiants chrétiens (FMEC) ont lancé un appel pressant, mardi 24 juin, à l’ONU, à l’Afrique du Sud, à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et à l’Union africaine (UA) pour trouver redoubler d’efforts afin de trouver une solution «rapide à la détérioration de la situation au Zimbabwe».
Dans une lettre signée par les secrétaires généraux du COE, Samuel Kobia, et de FMEC, Michael Wallace, et rapportée par le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), les deux organisations chrétiennes ont évoqué «l’aide d’urgence» à apporter aux populations, le report du deuxième de l’élection présidentielle prévue vendredi prochain, tout en rappelant la responsabilité de la communauté internationale à intervenir dans la protection de la population.
Eglises entravées dans leurs activités
«Nous avons appris de nos frères et soeurs du Zimbabwe, que certaines églises ont été empêchées de faire des cultes, alors que d’autres services religieux ont été violemment dispersées», ont poursuivi la COE et la FMEC. Selon elles, cette situation qui est également rapportée par les médias, est «inacceptable» et doit faire l’objet d’une «attention urgente de la communauté mondiale».
Robert Mugabe, 84 ans, est au pouvoir au Zimbabwe depuis que le pays a obtenu son indépendance du Royaume-Uni, en 1980. Auparavant, dans les années 70, il était l’un des meneurs de la lutte armée contre le gouvernement illégitime mis en place par la minorité blanche, qui dirigeait ce qui était alors la colonie britannique de Rhodésie.
Robert Mugabe a décidé de maintenir le second tour de l’élection présidentielle prévu vendredi, en dépit du retrait de Tsvangirai et des appels de l’ONU à l’annulation du scrutin. (apic/ag/eni/ibc/bb)
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