Une première, pour ces trois évêques
Rome, 27 juin 2008 (Apic) Le pape Benoît XVI a affirmé devant les évêques de Hongkong et Macao (Chine) que l’Eglise ne pouvait passer sous silence la «bonne nouvelle» de l’Evangile. Dans la matinée du 27 juin, le pape a reçu en audience les évêques de ces deux ex-colonies rétrocédées à la Chine en 1997 et 1999 effectuant à Rome pour la première fois leur visite Ad limina. «On peut être des Chinois authentiques et des catholiques authentiques», a aussi affirmé le pape devant les évêques.
«Je vous exhorte à un engagement toujours plus grand dans la recherche des moyens les mieux adaptés pour rendre plus compréhensible le message chrétien d’amour dans le monde dans lequel vous vivez», a souhaité le pape devant le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, évêque de Hongkong, son auxiliaire Mgr John Tong Hon, et l’évêque de Macao, Mgr José Lai Hung-seng. «Ainsi, a soutenu Benoît XVI, vous contribuerez effectivement à démontrer à tous vos frères et soeurs la jeunesse pérenne et la capacité rénovatrice inexorable de l’Evangile du Christ, témoignant que l’on peut être des Chinois authentiques et des catholiques authentiques».
«N’oubliez pas», a encore lancé Benoît XVI, «que le Christ est aussi pour la Chine un maître, un pasteur, un rédempteur d’amour: l’Eglise ne peut passer cette bonne nouvelle sous silence». Le pape a aussi invité les Eglises de Hongkong et Macao a être «témoins du Christ».
Dans son message, Benoît XVI a par ailleurs souhaité «qu’arrive vite le jour où (leurs) confrères de Chine continentale» pourront «venir à Rome en pèlerinage sur les tombes des apôtres Pierre et Paul, en signe de communion avec le successeur de Pierre et l’Eglise universelle».
Devant les évêques de Hongkong et Macao, le pape a également évoqué la «mondialisation», réaffirmant une nouvelle fois qu’elle avait un aspect positif en créant «un sens de solidarité globale et de responsabilité partagée pour le bien de l’humanité». Il a aussi regretté l’apparition de «signes inquiétants d’une fragmentation et d’un certain individualisme dans lequel domine le sécularisme». En outre, Benoît XVI a insisté sur la formation permanente des prêtres et l’importance de soigner la formation des jeunes à la lumière des enseignements de l’Evangile.
Première visite «ad limina»
Depuis le 25 juin, les évêques de Hongkong et Macao effectuent ainsi pour la première fois leur visite «ad limina» au Vatican, rencontrant à la fois le pape et les différents responsables de la curie romaine. Programmée à de nombreuses reprises, cette visite a systématiquement été repoussée.
Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun et Mgr John Tong Hon ont respectivement été nommés, en décembre 1996, évêque coadjuteur et évêque auxiliaire du diocèse de Hongkong, six mois avant la rétrocession de la colonie britannique à la Chine populaire. Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris a récemment rappelé qu’une visite «ad limina» aurait alors dû être organisée peu après, mais qu’elle avait été repoussée afin de permettre aux deux évêques de prendre possession de leurs nouvelles responsabilités dans le contexte incertain de la rétrocession. Cinq ans plus tard, en septembre 2002, la mort du cardinal John-Baptist Wu Cheng-chung, l’évêque en titre du diocèse, avait de nouveau repoussé l’organisation d’une visite. En 2003, c’est l’état de santé de Jean Paul II qui avait empêché une telle visite.
Climat de dégel?
Devenu évêque de Hongkong à la mort du cardinal Wu, élevé au cardinalat en mars 2006, Mgr Zen Ze-kiun n’a de ce fait jamais pu prendre part à une visite «ad limina», de même que Mgr Tong Hon, devenu coadjuteur du diocèse en janvier 2008. Agé de 76 ans, le cardinal Zen est désormais proche de la retraite.
A Macao, la dernière visite «ad limina» de l’ordinaire du lieu remonte à l’an 2000, époque où le diocèse était dirigé par Mgr Domingos Lam Ka-tseung, aujourd’hui à la retraite. Son successeur, Mgr Jose Lai Hung-seng, nommé coadjuteur en 2001 – soit deux ans après le retour de Macao sous le drapeau chinois -, devenu évêque en titre en 2003, n’a lui non plus jamais eu l’occasion de prendre part à une visite de ce type.
La visite des évêques des diocèses chinois de Hongkong et Macao, qui n’appartiennent à aucune Conférence épiscopale, intervient alors que les relations entre le Saint-Siège et Pékin sont marquées par des signaux relativement positifs de dialogue et de rapprochement. Elle intervient aussi à moins de deux mois des Jeux Olympiques de Pékin, en août prochain. Les autorités chinoises ont invité Mgr John Tong Hon à la cérémonie d’ouverture des JO, le 8 août, mais pas le cardinal Zen, leur bête noire, dit-on. (apic/imedia/ami/pr)
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