Le «fardeau» de naître fille
New Delhi, 29 juin 2008 (Apic) Une enquête dans cinq États du nord de l’Inde montre que le nombre de fillettes par rapport aux garçons régresse, quel que soit le milieu social. En d’autres termes, la société indienne continue de sacrifier les filles.
Victimes d’infanticides, d’avortements, de privations de soins ou d’abandons, les filles restent les êtres les moins désirés de la société indienne, écrit «La Croix», dans un article consacré à ce grave problème endémique en Inde.
L’écart entre les naissances de filles et celles de garçons atteint en effet en Inde des records historiques. L’alerte vient d’être lancée par l’organisation britannique Action Aid, qui publie Disappearing Daughters(Filles en disparition), une enquête menée dans cinq États du nord-ouest de l’Inde (Madhya Pradesh, Rajasthan, Himachal Pradesh, Hayrana, Pendjab). Les résultats sont stupéfiants. Dans trois de ces États, pour 1’000 garçons entre 0 et 6 ans, le ratio est estimé à moins de 800 filles. En comparaison, en 1981, le ratio national était à 962 filles. À l’échelle du monde, il est de 1’050 filles pour 1’000 garçons…
Fin 2005, le rapport du Fonds des Nations unies pour la population soulignait déjà que l’avortement sélectif de millions de foetus féminins avait provoqué un déséquilibre démographique en Inde. Et le recensement national de 2001 faisait ressortir que 30 millions de femmes avaient… « disparu ».
Action Aid appelle les autorités à des « actions soutenues », notamment afin de changer les mentalités, marquées par le carcan patriarcal. En Inde, la naissance d’une fille est en effet perçue comme un fardeau, en raison de la dot à constituer pour son mariage. Les garçons, eux, sont synonymes de fierté sociale, dépositaires des valeurs et de l’héritage, et garants d’une sécurité financière pour les vieux jours des parents. Toute la société fonctionne autour de la célébration de l’enfant mâle. (apic/cx/vd/pr)
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