Colombie: Corruption: le président Uribe dans la tourmente politique
Bogota, 29 juin 2008 (Apic) La décision de l’Équateur de ne pas reprendre les relations avec la Colombie tant que Alvaro Uribe restera président, éloigne toute possibilité de rapport entre les deux gouvernements sur le plan diplomatique. Surtout, elle complique les choses pour Uribe, qui vient de convoquer des élections anticipées, après la confirmation, par la Cour suprême, de l’achat de vote et de corruption pour briguer un nouveau mandat.
Pendant que les efforts de médiation de la part du groupe de dialogué bilatéral, entre l’Onu, le Centre Carter et l’Organisation des États américains (Oea), le président équatorien, Rafael Correa, a expliqué que les rapports restent bloqués «à temps indéterminé, tant qu’il n’y aura pas un gouvernement décent avec lequel on peut discuter».
Quito et Bogotá s’étaient engagés le 6 juin à renouer leurs rapports, dissous par l’Équateur après l’attaque colombien du 1er mars vers le territoire équatorien.
Selon Correa, le président colombien, Alvaro Uribe, «ne montre pas de volonté de paix». Son gouvernement est «une duperie» qui pense seulement aux bombes et aux mitrailleuses».
Pendant ce temps à Bogota, le chef de l’Etat colombien, élu jusqu’en mai 2010, a demandé vendredi au Congrès de convoquer immédiatement une nouvelle élection présidentielle. Engageant pat là un bras de fer avec la Cour suprême de justice qui s’efforce de l’empêcher d’être une troisième fois candidat.
Uribe convoqué ces élections quelques heures après que la Cour suprême eut ordonné de réviser la réforme constitutionnelle qui a permis sa réélection en 2006, ce qui l’empêcherait de se représenter à la présidence. La Constitution ne permettait pas à un chef d’Etat d’effectuer deux mandats successifs, avant qu’Uribe ne modifie les données, grâce à des votes achetées au Congrès, à la corruption.
La décision de la Cour suprême est intervenue à la suite de la condamnation à 47 mois de prison d’une ex-congressiste, Yidis Medina. Cette dernière a confessé avoir été corrompue par le gouvernement conservateur d’Uribe pour voter au Congrès en faveur de la réélection en 2006 de l’actuel chef de l’Etat.
«Ce qui se passe est très préoccupant. Cette annonce est très grave car c’est une attitude de défi du président face à la justice. Le gouvernement a réagi à chaud et tente de provoquer une crise institutionnelle», a estimé Cecilia Lopez, porte-parole du Parti libéral au Sénat, citée par l’Agence France presse. «Le président est irascible devant les critiques. Il pense, en s’appuyant sur sa popularité, que ses actes sont justifiables», soutient pour sa part Carlos Gaviria, porte-parole et ancien candidat à la présidentielle du Pôle démocratique alternatif (opposition de gauche). (apic/misan/arch/ag/pr)
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