Mini coup de force contre Rowan Williams

Monde anglican: Pas de scission, mais un réseau distinct au niveau mondial

Jérusalem, 30 juin 2008 (Apic Le millier de responsables anglicans réunis à Jérusalem pour la Conférence mondiale sur l’avenir des anglicans (GAFCON) a certes écarté l’idée d’une rupture totale avec la Communion anglicane mondiale. Il a toutefois convenu d’établir son propre réseau mondial afin d’éviter ce qu’il qualifie de manquement à la tradition biblique anglicane.

Dans la déclaration finale, rendue publique au terme de la GAFCON, réunie du 22 au 29 juin, les participants ont déclaré qu’un « réarrangement majeur s’est produit et va continuer d’avoir lieu » au sein de l’anglicanisme.

La GAFCON a été convoquée par un groupe d’archevêques et d’évêques essentiellement d’Afrique et d’Australie, suite à un désaccord intervenu au sein de la Communion anglicane, qui compte 77 millions de membres. En 2003, en effet, l’Eglise épiscopale (anglicane) des Etats-Unis avait consacré V. Gene Robinson, père divorcé ouvertement homosexuel, en tant qu’évêque de l’Etat du New Hampshire.

La réunion de Jérusalem a annoncé la formation d’un Conseil des primats, qui doit être constitué dans un premier temps des responsables des Eglises anglicanes du Kenya, du Nigeria, du Rwanda, du cône sud de l’Amérique latine, de l’Ouganda et de l’Afrique de l’Ouest.

Les responsables réunis à Jérusalem ont déclaré que l’Eglise était confrontée à un « épisode critique », pendant lequel le Conseil des primats devra élaborer des structures pour « diriger et soutenir » l’Eglise.

« Notre groupe ne rompt pas avec la Communion anglicane », a indiqué la GAFCON dans sa déclaration finale. « Mais tout en reconnaissant la nature de Cantorbéry en tant que siège historique, nous n’acceptons pas que l’identité anglicane soit forcément déterminée à travers la reconnaissance de l’archevêque de Cantorbéry. »

Beaucoup des quelque 300 évêques ayant assisté à la GAFCON ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à la Conférence de Lambeth, qui, tous les dix ans, réunit les évêques anglicans du monde entier, et qui s’ouvre en juillet en Angleterre. Ils affirment ne pas souhaiter participer à une réunion où seraient présents ceux qui ont consacré l’évêque Robinson, alors même que l’évêque du New Hampshire lui-même n’a pas été invité à la Conférence de Lambeth.

Dans un communiqué de presse publié le 29 juin, les organisateurs de la GAFCON ont indiqué que leur déclaration était le « signal du passage de la plupart des anglicans pratiquants du monde à une réalité postcoloniale », dans laquelle l’archevêque de Cantorbéry n’est pas le seul arbitre de ce que signifie être anglican.

Cependant, bien qu’il n’ait pas répondu aux attentes, Rowan Williams reste l’archevêque de Cantorbéry, a déclaré lors d’une conférence de presse du 29 juin l’archevêque de l’Ouganda Henry Orombi.

« Nous ne renversons pas Rowan aujourd’hui, mais l’accent est mis sur le fait que ’Nous nous sommes réapproprié notre mission’ », a expliqué l’archevêque Orombi. « Alors faut-il attendre ou passer à autre chose ? Ce que nous nous demandons, c’est s’il nous faut poursuivre en tant qu’anglicans passionnés de mission, en croyant à la parole de Dieu et à l’autorité de Jésus Christ ? » (apic/eni/pr)

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