Brésil: Les indigènes du Roraima demandent au pape d’intervenir auprès de Lula
Brasilia 3 juillet 2008 (Apic) Les indigènes brésiliens de l’État amazonien de Roraima, au Brésil, s’adresse au pape afin que ce dernier intervienne pour les défendre, après la récente décision de la Cour suprême brésilienne de suspendre l’expulsion de ceux qui occupent illégalement leurs terres, de gros propriétaires.
Dans une lettre remise mercredi au pape par deux représentants des peuples Makuxi, Wapichana, Taurepang, Ingarikó et Patamona, originaires de Raposa-Serra do Sol, les indigènes de cet Etat brésilien de l’Amazonie demande à Benoît XVI d’intervenir auprès du gouvernement brésilien de Lula afin que de faire respecter leurs droit à la terre.
Les indigènes font part de leur « grand désespoir », dans la mesure où l’expulsion de ceux qui occupent illégalement leur territoire a été suspendue. La Cour suprême devrait rendre sa sentence au mois d’août, autour de ce litige qui affecte depuis plus de 30 ans les communautés indigènes. Une situation, affirment les indigènes de Roraima, qui a coûté 30 ans « de souffrances et de luttes de notre peuple, qui ont coûté la vie à nombre de nos leaders ».
Dans leur lettre remise au pape, les deux représentants des peuples indigènes demandent en outre à Benoît XVI d’intervenir auprès de Brasilia afin que le gouvernement manifeste sa volonté « de garder notre terre intègre », de sauvegarder « la vie des peuples indigènes de tout le Brésil et leurs droits conquis et consolidés dans la douleur ». Des droits aujourd’hui suspendus à la décision de la Cour suprême.
Selon Francesca Casella, directrice du Département italien de « Survival », citée par Misna, qui se trouve depuis de longues années aux côtés des peuples de Roraima, tout comme les missionnaires de la Consolata et d’autres organisations « si la Cour devait s’exprimer en faveur des entrepreneurs agricoles, les Amérindiens perdraient la plupart de leurs terres fertiles et se retrouveraient en permanence entourés d’étrangers armés et hostiles et constamment exposés à des intimidations et violences ».
Et de mettre en garde: « Si Raposa-Serra do Sol devait effectivement être réduite et divisée en petites parcelles, on créerait un précédent qui pourrait compromettre l’intégrité d’autres territoires indigènes dans tout le Brésil ».
Le 5 mai dernier, une communauté d’indigènes Makuxi avaient été attachés par des tueurs armés de fusils et de bombes artisanales et à la solde d’un puissant riziculteur local, qui a été arrêté par la suite. Dix indigènes, dont des adolescents, avaient été blessés.
La résistance violente des colons, latifundistes et cultivateurs de riz illégaux ainsi que les pressions des autorités locales ont porté en avril dernier le Tribunal suprême fédéral brésilien à suspendre l’opération d’évacuation des non-indigènes de la terre indigène de Raposa/Serra do Sol, dans l’état amazonien de Roraima.
Ce blocage rouvre un vieux litige qui implique 15’000 indigènes habitant depuis toujours à Raposa, auxquels le président Luiz Ignacio Lula da Silva avait formellement reconnu en 2005, après 26 ans de luttes juridiques, le droit de récupérer pleinement la possession de leurs terres ancestrales. (apic/misna/arch/pr)
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