Angleterre: L’Eglise anglicane tient son synode général à York
Londres, 7 juillet 2008 (Apic) L’Eglise anglicane a rassemblé lundi son synode général à York, au nord de l’Angleterre. En débat, l’ordination de femmes évêques, qui pose problème. Comme pose problème la question de l’homosexualité. L’affrontement entre libéraux et traditionalistes devrait laisser des traces, même si un compromis sur la question de l’ordination des femmes s’offrait aux participants à ce synode.
Le monde anglican est dans la tourmente. Après la réunion de Jérusalem, qui a évité la scission, mais pas la division, la consécration de femmes évêques revient sur le tapis. Le synode devrait voter lundi soir sur l’opportunité de consacrer les femmes évêques.
Le schisme menace de provoquer au sein de cette Eglise de quelque 77 millions de fidèles dans le monde. Plus de 1.300 religieux anglicans, dont 11 évêques, ont mis en garde, début juillet dans une lettre ouverte au chef de l’Eglise anglicane Rowan Williams, menaçant de faire défection si la proposition d’ordonner des femmes évêques est retenue.
En décembre dernier, la révérende Janet Henderson, avait été nommée première femme archidiacre de l’Eglise anglicane. Agée de 49 ans, elle est la responsable de 108 paroisses dans le Nord de l’Angleterre. Cette femme prélat est ainsi la première à être ordonnée archidiacre dans l’Eglise d’Angleterre.
Les problèmes pour l’Eglise anglicane ne s’arrêtent pas à cette seule question. Le millier de responsables anglicans réunis à Jérusalem pour la Conférence mondiale sur l’avenir des anglicans (GAFCON) a certes écarté l’idée d’une rupture totale avec la Communion anglicane mondiale. Il a toutefois convenu d’établir son propre réseau mondial afin d’éviter ce qu’il qualifie de manquement à la tradition biblique anglicane.
Autorité de Rowan Williams affaiblie
L’autorité de Rowan Williams a en effet été affaiblie par la formation fin juin à Jérusalem d’une nouvelle communion au sein de l’Eglise, par quelque 300 évêques et archevêques conservateurs dénonçant sa ligne libérale envers l’homosexualité et un «déclin spirituel» en Occident. Les dissidents, qui disent représenter 35 millions de fidèles, affirment cependant que leur initiative n’est pas un schisme mais la création d’»une Eglise dans l’Eglise» destinée à faire avancer la réforme de l’intérieur.
Les responsables réunis à Jérusalem avaient déclaré que l’Eglise était confrontée à un «épisode critique». «Notre groupe ne rompt pas avec la Communion anglicane», avait indiqué la GAFCON dans sa déclaration finale. «Mais tout en reconnaissant la nature de Cantorbéry en tant que siège historique, nous n’acceptons pas que l’identité anglicane soit forcément déterminée à travers la reconnaissance de l’archevêque de Cantorbéry».
Beaucoup des quelque 300 évêques ayant assisté à la GAFCON, à Jérusalem, ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à la Conférence de Lambeth qui, tous les dix ans, réunit les évêques anglicans du monde entier, et qui s’ouvre fin juillet en Angleterre. Ils affirment ne pas souhaiter participer à une réunion où seraient présents ceux qui ont consacré l’évêque Robinson, alors même que l’évêque du New Hampshire lui-même n’a pas été invité à la Conférence de Lambeth.
Cependant, bien qu’il n’ait pas répondu aux attentes, Rowan Williams reste l’archevêque de Cantorbéry, a déclaré lors d’une conférence de presse du 29 juin l’archevêque de l’Ouganda Henry Orombi. «Nous ne renversons pas Rowan aujourd’hui, mais l’accent est mis sur le fait que ’Nous nous sommes réapproprié notre mission’», a expliqué l’archevêque Orombi. L’Eglise anglicane connaît de profondes divisions, surtout depuis l’ordination et la consécration en 2003 de Gene Robinson, un Américain ouvertement homosexuel, comme évêque du New Hampshire. (apic/ag/eni/arch/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/angleterre-l-eglise-anglicane-tient-son-synode-general-a-york/