Une décision qui aura des conséquences sur le dialogue

Rome: Le Saint-Siège condamne l’ordination de femmes évêques par l’Eglise anglicane

Rome, 8 juillet (Apic) Le Saint-Siège a condamné mardi la volonté de l’Eglise anglicane d’autoriser l’ordination épiscopale de femmes.

Dans une « commentaire » publié par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 8 juillet, le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a déclaré avoir appris la nouvelle avec « regret » et indique que cette décision est « un obstacle à la réconciliation » avec l’Eglise catholique et aura des conséquences quant à l’avenir du dialogue oecuménique. Le Saint-Siège n’a pas confirmé la présence au Vatican, ces derniers jours, de plusieurs évêques anglicans venus discuter de la situation.

« Nous avons appris avec regret la nouvelle du vote de l’Eglise d’Angleterre qui ouvre la voie à l’introduction de la législation qui conduit à l’ordination épiscopale de femmes », peut-on lire dans ce commentaire officiel.

« La position catholique en la matière a été clairement exprimée par le pape Paul VI et le pape Jean Paul II. Une telle décision est une entorse à la tradition apostolique maintenue par toutes les Eglises du premier millénaire et est donc un nouvel obstacle à la réconciliation entre l’Eglise catholique et l’Eglise d’Angleterre », estime encore le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

« Pour l’avenir, cette décision aura des conséquences dans le dialogue qui jusqu’à présent avait porté ses fruits, comme l’avait clairement expliqué le cardinal Walter Kasper quand il a parlé, le 5 juin 2006, à tous les évêques de l’Eglise d’Angleterre à l’invitation de l’archevêque de Canterbury », peut-on encore lire dans cette déclaration.

« Le cardinal a encore été invité par l’archevêque à présenter la position catholique à la prochaine Conférence de Lambeth, à la fin du mois de juillet », indique enfin le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Le 7 juillet, l’Eglise anglicane, réunie en Synode général à York, au nord de l’Angleterre, a voté le principe de l’ordination de femmes évêques, après un vif débat entre conservateurs et libéraux, ont rapporté les médias britanniques. L’Eglise d’Angleterre autorise l’ordination de femmes prêtres depuis 1994.

Large majorité

Les trois chambres du Grand Synode, les laïcs, les évêques et le clergé, ont participé au vote. Les évêques ont voté en faveur de cette mesure par 28 voix contre 12, le clergé par 124 voix contre 44, et les laïcs par 111 voix contre 68, indique le quotidien The Times.

Avant le vote, plus de 1’300 membres du clergé avaient menacé de quitter l’Eglise anglicane si le Synode général votait en faveur de l’ordination épiscopale des femmes. Le Synode général a rejeté des mesures de compromis visant à tenir compte de ceux qui n’acceptaient pas cette réforme.

Cette question de l’ordination des femmes menace de provoquer un schisme au sein de l’Eglise anglicane, forte de 77 millions de fidèles dans le monde, et déjà divisée sur la question de l’homosexualité.

L’autorité de Rowan Williams, archevêque de Canterbury, et chef de l’Eglise anglicane favorable à un compromis est affaiblie. Fin juin, à Jérusalem, quelque 300 évêques et archevêques conservateurs dénonçant sa ligne libérale envers l’homosexualité et un « déclin spirituel » en Occident, ont formé une nouvelle communion au sein de l’Eglise anglicane.

Le 29 mai dernier, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait publié le décret Decretum generale de delicto attentatae sacrae ordinationis mulieris, précisant que toute personne ordonnant prêtre une femme, ainsi que cette femme, étaient désormais automatiquement excommuniés.

Sous le pontificat de Paul VI, en 1976, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait déjà formulé les fondements de la position de l’Eglise sur l’ordination des femmes. Jean Paul II, par sa Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis (22 mai 1994), à l’occasion des ordinations de femmes dans l’Eglise anglicane, avait réaffirmé la position de l’Eglise catholique en expliquant qu’elle n’avait pas le pouvoir de donner l’ordination à des femmes. La question de l’ordination sacerdotale des femmes est depuis longtemps, pour Rome, un sujet de division avec l’Eglise anglicane. (apic/imedia/hy/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-le-saint-siege-condamne-l-ordination-de-femmes-eveques-par-l-eglise-anglicane/