Japon: Caritas Internationalis dénonce l’inertie des grandes puissances du G8
Toyako, 10 juillet 2008 (Apic) Caritas Internationalis déplore que le Sommet du G8 qui s’est tenu du 7 au 9 juillet à Toyako, sur l’île d’Hokkaido, dans le nord du Japon, ait été marqué par l’inertie. Il regrette qu’il se soit clôturé « sans effectuer d’avancée ni pour les aides en Afrique, ni pour la réalisation des Objectifs du Millénaire destinés à lutter contre la pauvreté, ni pour l’atténuation des effets des changements climatiques ».
Caritas Internationalis dit sa déception face à l’inertie montrée par les pays riches et en déplore les conséquences pour les pays pauvres et le monde entier. Les dirigeants des pays riches du G8 ont pourtant été soumis à une forte pression de la part des pays africains afin qu’ils tiennent leurs promesses d’aide, vitales pour surmonter l’envolée des prix des matières premières et la crise alimentaire.
La Caritas rappelle que seul un cinquième des 50 milliards de dollars pour le développement promis il y a cinq ans par le groupe des pays les plus riches du monde a été versé. « Réaffirmer des engagements dont nous attendons toujours la mise en oeuvre trois ans après ne portera ni nourriture ni enseignement ni eau potable ni santé aux peuples les plus pauvres de la terre », a déclaré Joseph Donnelly, chef de la délégation de Caritas auprès de l’ONU.
« Les pays du G8 sont à même de soutenir les dépenses pour les aides et ce serait scandaleux si les Objectifs du Millénaire devaient ne pas être réalisés par manque de fonds’’, a-t-il ajouté. Le plan visant à réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 est lui aussi décevant et insuffisant, selon la Caritas, dans la mesure où les participants au Sommet du G8 sont responsables à eux seuls de 65% des gaz nocifs émis dans l’atmosphère.
« Les dirigeants politiques du G8 doivent cesser de faire preuve d’inertie sur les émissions de gaz à effet de serre au lieu de rabâcher aujourd’hui ce qui avait déjà été affirmé lors du Sommet de Rio sur le climat en 1992’’, a poursuivi M. Donnelly,
Et selon le délégué de Caritas Internationalis, le plan proposé par le G8 « sera surtout à la charge des pauvres par la faute des pays riches, mais en fin de comptes c’est le monde entier qui fera les frais d’un climat mondial de plus en plus hostile ».
Les pays africains attendent notamment du G8 qu’il confirme l’engagement pris lors du sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005, consistant à doubler son aide annuelle à l’Afrique en 2010 par rapport à son niveau de 2004 (25 milliards de dollars). Au cours de la réunion, les leaders africains ont demandé aux pays industrialisés « de tenir leurs promesses’’, car ils craignent que leurs objectifs de développement « deviennent plus difficiles à tenir si les prix des matières continuent à croître », a expliqué la chancelière allemande Angela Merkel. (apic/misna/afp/ts)
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