Excuses pour les abus sexuels de prêtres et écologie au coeur des préoccupations du pape

Voyage de Benoît XVI en Australie

Le pape a coeur ouvert dans l’avion qui le transportait vers Sydney

Marine Soreau, agence I.MEDIA, dans l’avion papal

Sydney, 13 juillet 2008 (Apic) Benoît XVI présentera des excuses pour le scandale des abus sexuels de prêtres en Australie et insistera sur les questions écologiques, deux sujets importants de son pontificat, au cours de son 9e voyage international (15-21 juillet), à l’occasion des 23e Journées mondiales de la jeunesse à Sydney. C’est ce que le pape a expliqué au cours de la conférence de presse accordée aux journalistes à bord de l’avion pontifical, le 12 juillet 2008. Le pape a aussi abordé la question de l’ordination épiscopale des femmes par l’Eglise anglicane.

«Nous devons examiner ce qui a été insuffisant dans notre comportement et comment nous pouvons prévenir, soigner et réconcilier», a ainsi déclaré le pape au sujet des abus sexuels perpétrés par des prêtres en Australie. «C’est le contenu du message que nous allons délivrer en même temps que nous nous excuserons», a-t-il ajouté. «Etre prêtre est incompatible avec des abus sexuels, avec un comportement qui contredit la sainteté», a encore estimé le pape.

La réponse que le pape donnera au scandale des abus sexuels de prêtres est très attendue en Australie. Au cours de son précédent voyage aux Etats-Unis, en avril dernier, dans un pays où l’Eglise reste profondément marquée par ces affaires, Benoît XVI a déjà abordé de front cette question douloureuse.

A quelques jours de l’ouverture des JMJ, un scandale, qui impliquerait le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, a été largement relayé par la presse locale. Le cardinal australien est accusé d’avoir mal géré, en 2003, des accusations d’abus sexuels portées contre un prêtre, le père Terrence Goodall, par Anthony Jones, aujourd’hui âgé de 54 ans. Le prêtre a démissionné en juillet 2003 à la demande du cardinal. Toutefois, le cardinal avait alors indiqué qu’il jugeait insuffisantes les preuves avancées par le plaignant. Ces derniers jours, de nouvelles preuves ont été rendues publiques. Le cardinal Pell a diffusé, le 10 juillet, une déclaration dans laquelle il affirme avoir «formellement transmis à une commission consultative indépendante, les questions soulevées cette semaine». Elle est présidée par l’ancien juge de la Cour suprême de Nouvelle Galles du Sud, Bill Preistley.

Voeux pour les anglicans

Par ailleurs, le pape a déclaré aux journalistes présents dans l’avion que le thème de l’écologie serait «très présent» au cours de son voyage. Benoît XVI entend «réveiller les consciences» dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement. «Parler de l’Esprit saint (le thème de ces JMJ, ndlr), c’est parler de la Création et de notre responsabilité face à la Création», a expliqué le pape. Il faut «réveiller les consciences», a-t-il insisté. «Il faut répondre à ce grand défi et retrouver la capacité éthique de changer en bien la situation», a-t-il ajouté, interrogé sur les engagements pris cette semaine au Japon par le G8 de réduire de 50 % l’émission de gaz à effet de serre d’ici à 2050.

Enfin, Benoît XVI a exprimé son inquiétude quant à l’avenir de la communion anglicane (qui représente environ 20 % des chrétiens en Australie). Il a souhaité qu’elle «évite un schisme» après le vote controversé du Synode général de l’Eglise d’Angleterre, le 7 juillet, du principe de l’ordination de femmes évêques.

«Mon désir est que les Anglicans puissent éviter le schisme et trouvent le chemin de l’union», a ainsi déclaré le pape aux journalistes. «Je vais d’abord prier. Nous ne devons pas intervenir à ce stade dans les discussions», a-t-il ajouté.

Le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a déclaré, le 8 juillet, avoir appris la décision de l’Eglise anglicane avec «regret» et a indiqué que ce vote était «une entorse à la tradition apostolique» et constituait «un obstacle à la réconciliation» avec l’Eglise catholique. Le Saint-Siège n’a pas confirmé la présence au Vatican, ces derniers jours, de plusieurs évêques anglicans opposés à ces ordinations, venus discuter de la situation et d’un éventuel rapprochement avec Rome.

16’500 km

Le pape a quitté Rome le 12 juillet vers 10h20 (heure locale) après être arrivé directement en hélicoptère au pied de l’avion, depuis sa résidence d’été de Castel Gandolfo. Dans un télégramme envoyé au président de la République italienne, Giorgio Napolitano, au moment où il quittait l’Italie, le pape s’est déclaré «animé d’un vif désir de rencontrer des jeunes du monde entier, pour les exhorter à devenir des témoins courageux de l’amour du Christ face aux attentes et aux espérances des hommes d’aujourd’hui».

Après 16’418 kilomètres et près de 20 heures de vol, Benoît XVI, 3e pape à fouler le sol australien après Paul VI (en 1970) et Jean-Paul II (en 1986 et en 1995), est arrivé dimanche 13 juillet à Sydney, où il se reposera jusqu’au 16 juillet dans un centre appartenant à l’Opus Dei. Il entamera ses engagements officiels le 17 juillet.

Au cours du voyage, l’avion a survolé l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, le Myanmar, la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam et l’Indonésie.

Les JMJ de Sydney sont les 23e depuis leur création en 1986 par Jean Paul II et le 10e rassemblement mondial après Buenos Aires (1987), St-Jacques de Compostelle (Espagne, 1989), Czestochowa (Pologne, 1991), Denver (Etats-Unis, 1993), Manille (1995) Paris (1997), Rome (2000), Toronto (Canada, 2002) et Cologne (Allemagne, 2005). (apic/imedia/ms/hy/pr)

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