Entre angoisse et applaudissements

Inculpation du président soudanais: Les craintes de l’archevêque d’El Obied

Khartoum, 15 juillet 2008 (Apic) L’archevêque catholique Antonio Menegazzo, administrateur apostolique d’El Obied, qui comprend la région du Darfour, au Soudan, craint la multiplication des violences après l’inculpation, par la Cour pénale internationale (CPI), du président soudanais Omar el-Béchir.

Cette inculpation, a-t-il confié à l’Agence ENI, risque de déclencher des affrontements religieux dans le pays, où les violences ont déchiré la région du Darfour, dans l’ouest du Soudan, affirment également des responsables d’Eglise d’Afrique.

« Tout le monde est sur le qui-vive. Les manifestations ont déjà commencé à Khartoum », a déclaré le 15 juillet Mgr Antonio Menegazzo. « N’oubliez pas que dans le monde musulman, la politique est toujours liée à la religion, même si la religion n’a rien à voir dans ce cas. »

Le 14 juillet, Luis Moreno-Ocampo, procureur de la CPI, basée à la Haye, a demandé aux juges d’émettre un mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir pour crimes de guerre, affirmant que les armées et les milices sous son contrôle avaient massacré au moins 35’000 civils et entraîné la « mort lente » de 80’000 à 265’000 personnes, qui ont été déplacées de leur foyer en raison des affrontements.

Il s’agit de la première inculpation d’un président en exercice par la CPI. Le procureur cherche également à obtenir la saisie des biens d’Omar el-Béchir et le gel de ses avoirs.

Selon l’évêque Menegazzo, cette mesure serait bien accueillie par les habitants du Darfour, et peut-être aussi par les habitants du Sud-Soudan, région ravagée par une guerre civile de plusieurs dizaines d’années, qui a pris « fin » avec la signature, en 2006 d’un « accord de paix ». Dans les autres régions du plus grand pays d’Afrique, la mesure ne serait pas acceptée, a-t-il affirmé.

Le pasteur Jude Waweru, coordinateur de l’Association des Conférence épiscopale de l’Afrique de l’Est, a indiqué qu’il saluait l’inculpation d’Omar al-Béchir, au nom de son organisation. « C’est ce qui doit se passer. C’est une bonne chose pour le Soudan en général. C’est la voie qu’il faut emprunter dans un pays ou le peuple est opprimé », a-t-il déclaré, affirmant que la justice faisait son travail. (apic/eni/pr)

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