Comment concilier spiritualité, culture et loisir? Pour cette période de vacances estivales, l’Apic propose jusqu’à mi-juillet sept sorties ou randonnées à caractère religieux dans différentes régions de la Suisse, que les journalistes de notre agence ont
Coire: Une visite de la capitale des Grisons et siège de l’évêché
Sur les pas de Saint Lucius
Georges Scherrer, Apic / Traduction: Bernard Bovigny
Coire, 16 juillet 2008 (Apic) Une forêt escarpée s’élève sur la gauche en arrivant à la gare de Coire. Le chemin qui la traverse mène, à 250 mètres au dessus de la ville, à une grotte abritant la chapelle Saint Lucius.
Le «chemin St Lucius» (St. Luziweg) débute en fait à la Stephankirche, qui date du 4e siècle. Il n’en reste que quelques ruines. Mais elle reste un lieu important, car elle abritait les ossements de saint Lucius. C’est en 1848 que fut découvert le premier tombeau connu du saint, dans la Stephankirche.
Les ruines se trouvent aujourd’hui sur le territoire de l’école cantonale, à côté du séminaire du diocèse de Coire, qui a pris le nom de St Lucius. Sur la cour de l’école sont dessinés les contours de l’ancienne église. Les ruines elles-mêmes ne peuvent être visitées qu’avec l’autorisation de l’archéologue cantonal.
Le chemin St Luzius débute donc à l’église du même nom. Depuis la gare, il faut traverser la vieille ville puis le «Hof» qui la surplombe. Celui-ci prend des airs de château-fort médiéval. Il abrite l’évêché et la cathédrale. En empruntant le chemin sur la gauche de la cathédrale, jusqu’à la prochaine croisée, la vue plonge sur la route d’Arosa, signalée par un panneau indicateur, qui mène jusqu’à cette célèbre station alpine.
A droite, un chemin mène à l’église St Luzius. Celle-ci domine nettement la cathédrale de Notre-Dame de l’Assomption. Elle fait partie de l’ancien couvent des Prémontrés. Ceux-ci sont arrivés à Coire en 1140. Après l’arrivée de la Réforme, ils ont dû quitter la ville en 1538. Le couvent a été abandonné en 1806, des suites de la sécularisation.
L’élément le plus intéressant de l’église est la crypte circulaire carolingienne, qui se trouve sous le choeur d’époque romane tardive. Lorsque l’on emprunte l’entrée droite de la crypte, on trouve le commutateur pour la lumière dans les espaces souterrains.
Le culte de saint Lucius s’exprimait à l’époque carolingienne par cette crypte édifiée à Coire vers l’an 800. On sait peu de choses sur ce saint. Il est cependant clair qu’il a été un messager de la foi chrétienne dans la région de Coire. Depuis le 12e siècle, saint Lucius est le patron du diocèse de Coire. En 800, sa dépouille a été transférée de la Stephankirche à cette crypte. Ses reliques volées en 923 ont été retrouvées en 1108 et placées dans une châsse. La crypte abrite deux chapelles, dans l’une d’elles se trouve l’autel de saint Lucius.
Après l’histoire, la légende de saint Lucius
Assez d’histoire. Place maintenant à la légende. Pour la découvrir, il faut revenir en arrière … jusqu’au panneau indicateur «Arosa». On remonte le trottoir de la route principale sur environ 150 mètres, jusqu’au premier virage. A gauche, un chemin en lacets mène à la «St. Luzi Kapelle». La montée dure trois quarts d’heure. Le chemin, en grande partie en forêt, est bien signalé et agréable à parcourir. Des bancs invitent le randonneur à se reposer et à profiter de la vue sur la vieille ville et les quartiers plus modernes de Coire. La montée est propice à la méditation. Soudain, sous une falaise se dresse un toit pointu avec une croix. A chaque pas se construit lentement la chapelle érigée dans une grotte.
Elle se trouve en un lieu sauvage et escarpé. Au dessus d’elle se dresse tel un toit protecteur une grotte de 20 mètres de haut et d’une dizaine de mètres de profondeur. La chapelle a été construite au 17e siècle. Elle a déjà été pillée le 16 juillet 1672. En 1976, les étudiants du séminaire de Coire lui ont donné un nouvel éclat. Cette même année, elle a été à nouveau déclarée apte à accueillir des célébrations par Mgr Johannes Vonderach.
Deux travailleurs mettent en ordre la place devant la chapelle. L’un d’eux demande au journaliste s’il connaît quelque chose sur ce lieu. Mais ce dernier doit admettre qu’il sait seulement que la chapelle à quelque chose à voir avec saint Lucius. Deux dames, une mère et sa fille, pique-niquent sur un banc. La mère en connaît un petit bout sur l’histoire du lieu: «Selon la légende, Lucius a prêché depuis cet endroit. Et on l’aurait entendu jusque dans l’Oberland grison, à Ilanz ou Disentis.» Ce n’est pas la première fois qu’elle se rend ici. Avec la grotte dans la falaise, la vue qui porte loin dans la vallée du Rhin, la promenade et la chapelle, ce lieu s’avère très attirant.
Une porte métallique, de couleur verte, protège l’intérieur des intempéries. La décoration est sobre. Quelques billes de bois servent de sièges. Sur un petit autel se trouvent la statue de Sainte Bernadette, et une réplique de la statue de St Antoine et l’enfant dont l’original se trouve dans la cathédrale. Sur la croix à l’arrière pend une couronne d’épines. Un relief en état de décomposition de Saint Lucius avec bâton de pèlerin et croix complète la décoration intérieure de la chapelle. Une feuille avec une intention de prière est posée sur l’autel.
Une halte gastronomique s’impose
Le parcours entier peut s’effectuer en trois heures, non compris une halte dans un des jolis restaurants de la vieille ville de Coire, où s’impose la dégustation de capuns, salsiz, pizokels ou autres mets typiques des Grisons, accompagnés d’un «Blauburgunder», un vin local. Au retour de ce pèlerinage sur les pays de saint Lucius, il vaut la peine de visiter la cathédrale, qui ne porte pas le nom du saint patron du canton, mais celui de Notre-Dame de l’Assomption. L’édifice, de la période romane tardive, a été érigé entre 1150 et 1272. Lors de fouilles en 1928, on a trouvé des restes de deux bâtiments plus anciens. Le premier semble remonter à 450, tandis que le deuxième est daté de 760 environ. La cathédrale vient de faire l’objet d’une restauration presque totale. Une visite à son musée, dans lequel se trouve une châsse contenant des reliques de saint Lucius, s’impose également. Mais celle-ci fait actuellement partie d’une exposition qui circule entre Bregenz et Feldkirch, jusqu’à ce que les locaux qui l’abritent soient rénovés.
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