La 1ère Conférence, il y a 150 ans, s’était achevée par la discorde

Londres: La Conférence de Lambeth s’ouvre sur fond de crise entre anglicans

Cantorbéry, le 16 juillet 2008 (Apic) La Conférence de Lambeth s’est ouverte sur un fond de discordes entre anglicans. Une discorde qui n’en est pas à sa première. Lecture d’une histoire, lors de la première conférence de Lambeth, il y a près de 15 ans.

Lorsque la première Conférence de Lambeth s’est ouverte, en 1867, seuls 76 des 144 évêques de la Communion anglicane ont accepté l’invitation de l’archevêque de Cantorbéry. En raison d’un désaccord sur la forme que prenait l’Eglise dans les colonies britanniques, relève l’Agence ENI.

L’impulsion pour la réunion de 1867 a été donnée par l’Eglise anglicane du Canada, préoccupée par les activités de l’évêque d’origine britannique John Colenso dans le Natal, en Afrique du Sud. Celui-ci tolérait la polygamie chez les convertis africains et remettait en question les doctrines traditionnelles de l’Eucharistie et du châtiment éternel.

A l’ouverture, le 16 juillet, de la dixième Conférence de Lambeth, des responsables d’Eglise d’Afrique sont absents en raison des questions portant sur les évêques homosexuels, les partenariats de même sexe, les droits chrétiens pour les homosexuels, et les femmes évêques. Rien de vraiment nouveau au chapitre de la discorde.

«Pendant des dizaines d’années, les femmes, les homosexuels, la polygamie et les maladies vénériennes ont divisé les participants», a écrit le chroniqueur Christopher Caldwell dans les colonnes du Financial Times le 11 juillet. «Cette année, à la Conférence, les évêques devraient être en désaccord sur l’ordination en 2003 de Gene Robinson, un homosexuel vivant en couple, en tant qu’évêque du New Hampshire». Mais aussi sur l’ordination de femmes évêques, décidées il y a une dizaine de jour par le synode d’Angleterre.

Selon certains observateurs, on court le risque de voir la question «Gene Robinson» monopoliser la Conférence. Si ce scénario se réalisait, ce serait une tragédie, ont affirmé des responsables d’Eglise à ENI.

«Je pense que certains anglicans en ont marre des questions qui divisent l’Eglise», a déclaré l’évêque Nick Baines, de Croydon, dans le sud de l’Angleterre.

Rappelons que la Conférence de Lambeth a été précédée en juin par une réunion à Jérusalem d’un millier de responsables anglicans, parmi lesquels beaucoup d’Africains, dont quelque 300 évêques, qui ont mis en place un nouveau réseau mondial pour défendre les valeurs de ce qu’ils nomment l’anglicanisme biblique traditionnel. La réunion, intitulée Conférence mondiale sur l’avenir des anglicans, a été largement perçue comme une Conférence de Lambeth «alternative».

Large boycotte

Suite à la réunion de Jérusalem, des évêques du Nigeria, de l’Ouganda, du Kenya et du Rwanda, mais aussi des Etats-Unis et même d’Angleterre ont décidé de boycotter la Conférence de Lambeth qui s’achèvera le 3 août.

Interrogé sur son sentiment concernant la désunion de la Communion anglicane, qui rassemble 77 millions de fidèles, le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, chef de l’Eglise catholique en Angleterre et au Pays de Galles, a déclaré: «Nous ne nous réjouissons vraiment pas. Cette situation cause du tort à la réputation du christianisme». (apic/eni/pr)

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