JO de Pékin: L’exploitation des enfants athlètes dénoncée
Madrid/Pékin, 21 juillet 2008 (Apic) A moins d’un jet de l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, l’Organisation humanitaire « Save The Children » – Sauvons les enfants – a présenté un document dans lequel elle dénonce les risques que courent les jeunes athlètes en compétition. En gymnastique rythmique et artistique, notamment. Elle s’inquiète des souffrances que doivent subir les jeunes filles programmées pour des victoires. Des médailles.
L’ONG, citée par le quotidien de Madrid « El Pais », donne des exemples de vies gâchées, d’enfance séquestrée au nom du rendement. La gym n’est pas la seule à être visée. D’autres sports, comme le football, sont ainsi montrés du doigt. Pour les rêves qu’ils engendrent auprès de gosses africains et sud américains, laissés et abandonnés à eux-mêmes après avoir été testés par des grands clubs.
« Save The Children » donne en exemple la gymnaste Christy Henrich, morte d’anorexie, en 1994 à l’âge de 22 ans.
L’organisation humanitaire pointe en premier lieu la gymnastique artistique et rythmique, estimant que ce sont les sports à risques les plus élevés pour les jeunes compétiteurs. Elle relève le cas de l’Espagnole Maria Pardo qui, en 1999 a dit « assez » au stress auquel elle était quotidiennement soumise, et de celui de Karen Arthur. Cette dernière avait commencé à pratiquer la gymnastique à 3 ans, pour peser 42 kilos à son adolescence. Karen Arthur mettait de côté la nourriture, faisait plus de 1’000 abdominaux quotidiens, vomissait à longueur de journée, pour terminer par prendre des « pastilles et à consommer de la cocaïne.
« Save The Children » estime que dans ces sports comme dans les autres, qui se pratiquent à l’école déjà et dans des compétitions, médailles et titres devraient être supprimés pour toutes ces athlètes trop jeunes. Et de souligner que l’âge minimum pour les compétitions officielles en gymnastique rythmique était de 14 ans en 1970. En 1997, la Fédération internationale de gymnastique rythmique a élevé la limite à 16 ans. On sait cependant, fait remarquer l’ONG, que des jeunes filles avaient 15 ans seulement pour les JO et championnats du monde qui suivirent.
Le document donne également la parole à Shane Gould, détenteurs de 4 médailles aux JO de Munich de 1972. Elle signale et dénonce que le mouvement olympique « employait » des jeunes athlètes comme des marionnettes.
Le miroir aux alouettes
L’ONG cible également les clubs de football. Elle assure que débarquent sur les côtes d’Espagne nombre de jeunes qui rêvent de jouer au Real Madrid ou à Marseille, et qui terminent comme vagabonds dans les rues de la capitale, sans argent, et sans grand espoir d’un retour volontaire chez eux.
Selon elle, pour la seule Espagne, championne d’Europe en titre, on compte plus de 340’000 jeunes entre 7 et 17 ans qui s’entraînent dans des clubs professionnels. Seuls 4% parviendront à se faire une petite ou une grande place. « Ils sont de plus en plus fréquents les cas de mineurs qui arrivent dans des pays européens, venant principalement d’Afrique et d’Amérique latine, trompés par de supposés agents qui leur promettent un futur professionnel dans le football.
L’ONG donne également l’exemple de Bernard Bass, 17 ans, originaire de Guinée Bissau. Cédant aux chants des sirènes, il a débarqué en France à 14 ans pour faire des essais au FC Metz. Mais les teste se révélèrent peu concluants. Sa famille, tout à la manne qui allait suivre, a vendu sa maison parce que convaincue que le rêve de l’adolescent allait devenir réalité. Aujourd’hui, Bass ne peut rien envoyer à la maison. Il est sans le sou.
L’ONG s’en prend enfin aussi au pays organisateur des JO de Pékin pour les entraînements démentiels auxquels sont soumis des gosses, des ados. Au nom de la gloire du pays. Selon le « China Sports Daily, 80% des 300’000 athlètes qui se retirent de la compétition sont confrontés à la pauvreté, à des problèmes de santé. (apic/elp/pr)
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