Une victoire éclatante contre les grands prêtres vaudou

Togo: Des centaines de fillettes forcées à servir les divinités sont libérées

Lomé, 25 juillet 2008 (Apic) Après trois ans d’intenses tractations entre les autorités, les associations de défense des droits de l’enfant et les prêtres vaudou, des centaines de fillettes forcées de servir des divinités ont recouvré la liberté. Ces instituées acolytes détenues dans une forêt sacrée à Togoville pourront retourner à l’école.

Des prêtres vaudou ont avoué que chaque année plusieurs centaines de fillettes sont baptisées «vaudoussi» (adeptes de vaudou), après avoir suivi des rites initiatiques qui durent entre trois mois et deux ans. Durant ces rites, des «Hounsrou» (animateurs des couvents) leur apprennent le langage et les règles de la communauté, ainsi que les pas des danses sacrées. Ces événements se sont déroulés à Togoville, à une soixantaine de kilomètres au nord de Lomé, la capitale du Togo.

Après les cérémonies baptismales, ces fillettes acolytes des divinités, au lieu de rejoindre leurs familles respectives, sont retenues dans des couvents pour servir les divinités. Certaines fillettes sont scarifiées sur le front, à la poitrine, aux bras, pour les identifier par rapport à leurs divinités. Selon des enquêtes menées par les autorités, certaines fillettes âgées de 7 à 12 ans seraient soumises au mariage forcé. Dans leurs lieux de détention, une centaine d’hommes, nus pour la plupart, veillent sur elles.

Les défenseurs des droits des enfants ont voulu mettre fin à ce calvaire en s’appuyant sur la loi votée en juin 2007 portant sur la protection de l’enfant. Cette loi prévoit pour toute personne qui a ou aura «caché, soustrait un enfant dans le but de le priver de son état personnel et familial» encourt une sanction allant de un à cinq ans de prison.

Le poids des coutumes

«Quel soulagement, ces filles sont enfin sauvées», s’est réjouit la députée et ancienne ministre chargée de la protection de l’enfant, Christine Agnélé. Celle-ci s’est inlassablement battue en sillonnant les couvents du pays pour faire interdire cette pratique. «Je salue le courage des autorités togolaises», a déclaré Kwami Djogbessi, parent d’une fillette libérée. Cléophas Mally, responsable d’un organisme pour la défense des droits des enfants, appelle pour sa part à une vigilance car, dit-elle, «nos coutumes ont toujours leur poids dans certains milieux».

Apparu vers la fin du XVIe siècle sur les rives du fleuve Mono qui sépare le Togo du Bénin, le culte vaudou tourne autour de l’adoration du Dieu Mahu à travers des divinités représentées la plupart du temps par des mottes de terre.

Plus de 60% de la population togolaise (plus de 5 millions d’habitants) pratique ce culte où se côtoient environ 200 divinités, surtout dans le sud du pays. (apic/ibc/ts)

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