Des hauts dirigeants montrés du doigt

Italie: Le Conseil de l’Europe dénonce la dérive raciste et xénophobe envers des immigrés

Rome, 30 juillet 2008 (Apic) Le Commissaire aux droits de l’homme auprès du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, accuse des dirigeants de «haut niveau» d’être à la base d’»une dérive raciste et xénophobe qui affecte les Roms, les Sintis et les immigrés originaires de pays membres de l’Union européenne (UE) et du reste du monde».

«Les mesures mises en oeuvre en Italie ne tiennent pas compte des droits humains et des principes humanitaires et pourraient fomenter d’autres épisodes xénophobes», a déclaré Thomas Hammarberg, Haut Commissaire pour les Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, en présentant un rapport sur les politiques de Rome en matière d’immigration. Lors son exposé, le 29 juillet, à Strasbourg, il s’est dit «fortement préoccupé» par les mesures du «paquet sécurité», qui concerneraient en particulier les communautés Roms. Il a également exprimé son regret quant à la décision du Conseil des ministres italiens d’étendre à tout le territoire national l’état d’urgence déjà en vigueur dans trois régions.

En vertu des données recueillies au cours de sa récente visite en Italie, le Commissaire aux droits de l’homme propose une analyse des mesures législatives promues par le gouvernement et du climat qui règne dans le pays. Dans un document articulé en plusieurs sections, il révèle que les sentiments diffus en Italie ne sont pas seulement révélés par les ’’violentes manifestations contre les Roms et les Sintis’’ qui se sont déroulées au printemps, mais aussi par un plus vaste discours politique et culturel.

Des dirigeants ’’de haut niveau’’ mis en cause

’’Un climat hostile à l’encontre de groupes sociaux minoritaires et vulnérables, lit-on dans le document du Commissaire, a été alimenté aussi bien par certaines factions politiques nationales et locales que par les médias de masse». Des dirigeants ’’de haut niveau’’, poursuit le document, seraient donc responsables de la ’’dérive’’ italienne, en ne condamnant pas ou en ne prenant pas les distances appropriées par rapport à des déclarations ’’xénophobes’’, faites à plusieurs reprises.

Le Commissaire aux droits émet également un jugement très sévère sur le ’’Paquet sécurité’’ et les normes adoptées par l’exécutif en matière d’immigration. Pour ’’assurer la sécurité’’, dénonce M. Hammarberg, le gouvernement concentre ses efforts sur la lutte contre les flux irréguliers et sur le ’’contrôle» des communautés roms et sintis. Cette approche impliquerait, dit-il, ’’un grave risque de rattacher l’insécurité à des groupes spécifiques de la population et de générer confusion entre criminels et étrangers’’.

Tout en suivant la même ligne que la directive retour approuvée en juin par l’UE, ces dispositions engendrent l’»inquiétude’’, selon Thomas Hammarberg, qui ’’invite les autorités italiennes à envisager de réduire de manière drastique les détentions administratives des migrants’’. (apic/misna/ts)

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