Guérilla, paramilitaires et armés auteurs impunis de ces crimes

Colombie: Violences sexuelles contre les femmes contraintes à l’exil

Bogota, 31 juillet 2008 (Apic) Au moins deux femmes sur dix parmi les «desplazados», les quelques trois millions de déplacés à cause de la violence des paramilitaires, de la guérilla et de l’armée, ont subi des violences sexuelles avant d’être contraintes d’abandonner leur propre maison.

Telle est la conclusion à laquelle est parvenue la Defensoría del pueblo (Bureau pour les droits civils) après deux ans d’enquêtes et d’auditions de plus de 2’000 témoins dans les régions de Cali, Medellín, Cúcuta et Pasto.

«La violence sexuelle comme arme de guerre pour contrôler les territoires ou menacer les populations est restée invisible et impunie en Colombie», a dit María Cristina Hurtado, ’defensora’ pour les droits de l’enfance et des femmes. Les enquêtes révèlent que la guérilla ainsi que les nouvelles bandes émergentes de paramilitaires – en marge du processus de paix entre le gouvernement et les Autodéfenses unies de Colombie (Auc) – ainsi que l’armée continuent de commettre ce type de crimes dans les zones sous leur influence.

En près d’un an, a précisé la Defensoría, le nombre de cas signalés par le «Sistema de Alertas Tempranas» (Sat) concernant les viols, même à l’égard de mineurs, a doublé. Les combattants démobilisés grâce au processus de paix sont eux aussi accusés d’avoir abusé de femmes, victimes aussi de l’exploitation de la prostitution.

Le bureau a demandé au Parquet général d’enquêter sur les chefs des Auc désarmés et actuellement poursuivis sur la base de la Loi Justice et Paix, également pour des crimes sexuels, dans une tentative d’éviter l’impunité. (apic/misna/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/colombie-violences-sexuelles-contre-les-femmes-contraintes-a-l-exil/