Seule façon de résoudre les difficultés du pays

Ouganda: L’archevêque de Kampala appelle à un dialogue national

Kampala, 4 août 2008 (Apic) L’archevêque de Kampala, Mgr Cyprien Kizito Lwanga, a appelé vendredi 1er août 2008, à un dialogue national entre le gouvernement et toutes les couches politiques, sociales, et culturelles, afin de résoudre les difficultés sociales et les divergences socio-politiques du pays.

«L’Ouganda est une nation multi-ethniques, et ses dirigeants doivent nécessairement faire participer les citoyens à la construction du pays», a-t-il déclaré dans une homélie.

Cité par le quotidien gouvernemental, «New Vision», il a demandé aux dirigeants du pays de s’informer de la situation des populations qu’ils dirigent, afin de «se familiariser» avec leurs différentes situations sociales, politiques et religieuses.

«L’Ouganda est un beau pays, mais il est très difficile à gouverner», a poursuivi le prélat, tout en rappelant qu’il y a de nombreuses tribus, et chacune d’elles «à ses propres convictions sociales, traditionnelles et pratiques». «Les dirigeants ont donc besoin de faire une analyse sociale des populations, afin d’éviter de les juger injustement», a-t-il souligné.

Condamnation des promesses non tenues

Mgr Lwanga a prononcé son homélie au cours d’une messe d’action de grâce pour la libération, par le gouvernement, de trois fonctionnaires Mengo du royaume de Buganda à Lubaga, situé dans la zone urbaine et suburbaine de Kampala. Ces trois fonctionnaires Mengo sont : Charles Peter Mayiga (ministre de l’Information), Medard Lubega Sseggona (sous-ministre de l’Information) et Betty Nambooze (présidente du comité éducation civique). Ils avaient été arrêtés il y a 15 jours pour avoir lancé une campagne contre un projet de réforme agraire du gouvernement.

Pour Mgr Lwanga, la confrontation entre le gouvernement et le royaume de Buganda est liée à des promesses non tenues par l’Etat. Car, l’ancien GRN (Gouvernement de réconciliation national) a été soutenu par le peuple du Buganda, avant qu’il ne prenne le pouvoir. Il avait promis de corriger tous les torts commis sur le Buganda par les régimes précédents. Ceci n’a pas été fait.

«Bien que les institutions du royaume aient été restaurées» par le régime de Yuweri Museveni, il y a encore de nombreuses questions cruciales qui n’ont pas été prises en compte, a précisé le prélat. «Et c’est le fait de ne pas se pencher sur ces demandes de plus de 20 ans qui a causé le conflit indésirable» entre le régime et le royaume de Buganda, a encore indiqué l’archevêque de Kampala. Selon lui, les deux parties ont besoin l’une de l’autre: «C’est pourquoi la réconciliation, la paix et la justice sont les seules solutions aux problèmes actuels. L’évêque a aussi condamné la violence «excessive» des forces sécurité lors de l’arrestation des trois responsables du royaume. (apic/Ibc/js)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/ouganda-l-archeveque-de-kampala-appelle-a-un-dialogue-national/