Administrateur s’avouant pédophile

Saint-Gall: Le Conseil d’administration de l’Eglise catholique recommande une démission

Murg, 11août 2008 (Apic) Le Conseil d’administration (autorité de surveillance) de la partie confessionnelle catholique du canton de Saint-Gall veut suggérer à l’administrateur de l’Eglise de Murg s’avouant pédophile de démissionner. Il a communiqué sa recommandation téléphoniquement au président du conseil de paroisse, Urs Lachenmeier, selon les propos du directeur de l’administration Thomas Franck à l’agence Apic, le 11 août. Ce dernier ne voit aucune solution au problème.

L’inquiétude grandit face au pédophile avoué qui est en activité comme conseiller administratif et actuaire dans la paroisse Saint-Jean à Murg. Incités par un article paru dans le «Blick» le 7 août, différents médias ont déclaré le 11 août, en référence à une interview du magazine allemand «Taz» de 2002, que l’administrateur âgé aujourd’hui de 66 ans a eu dans les années 1980 des relations sexuelles avec un jeune de 15 ans.

Le 7 août déjà, le Conseil d’administration de la partie catholique du canton de Saint-Gall avait exprimé sa crainte que le cas ne fasse la «une» des journaux. Dans se session ordinaire tenue à huis clos du 10 au 12 août, le Conseil est arrivé à la décision de recommander la démission de l’administrateur de Murg. C’est ce qu’a déclaré à l’agence de presse Apic le directeur de l’administration Thomas Franck. «La paroisse de Murg doit retrouver le calme», a-t-il déclaré.

«Recommandation naïve» selon le président de paroisse

Pour le président de paroisse Urs Lachenmeier, c’est trop simple: «Une telle recommandation est naïve, car cela ne fait pas revenir le calme et ne résout pas le problème», a-t-il déclaré à l’Apic. Il souhaite personnellement que l’administrateur concerné demeure en fonction. «Il réussit sa vie et aidera peut-être, à cause de sa situation, d’autres personnes par ses conseils. Il effectue d’ailleurs un bon travail dans l’administration de l’Eglise.»

Cela ne signifie cependant pas qu’il cautionne toutes les déclarations de son collaborateur, déclare Urs Lachenmeier. En ce qui concerne l’interview dans le journal «Taz», il souhaite qu’on y regarde de plus près et que l’on procède à une analyse plus détaillée, plutôt que de réduire un homme à ses confessions ou à ses éventuelles fautes. Lachenmeier voit dans la franchise avec laquelle l’administrateur parle de son inclination «une grande chance d’aborder directement un tel sujet.»

Pour la suite de la procédure, le président Lachenmeier a déclaré vouloir convoquer pour cette semaine une séance avec ses collègues. Il estime, quant à lui, qu’une démission est inappropriée. «Nous nous sommes tellement exposés jusqu’ici qu’une démission serait fatale. Ce serait avouer qu’il y a d’autres cadavres dans la cave.»

Urs Lachenmeier réfute le reproche selon lequel il ne serait pas assez informé sur le candidat pour le poste d’administrateur en disant que ce n’était pas sa tâche d’investiguer dans la vie privée d’un homme pour y trouver des défauts. Il aurait sinon dû faire la même démarche pour tous les autres titulaires, ce qui manifestement dépassait ses possibilités.» (apic/ak/job/js)

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