Soudan : Mandat d’arrêt international dans trois mois contre le président Omar el Béchir
Dakar, 12 août (Apic) 12 août 2008 Au terme de cinq ans d’instruction de 12 actes d’accusation, le bureau de la Cour pénal internationale (CPI) décide de lancer un mandat d’arrêt international contre le président soudanais en exercice, Omar El Béchir. Celui-ci est accusé, d’après le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo qui l’a annoncé lundi le 11 août 2008 à Dakar, de génocide, des crimes de guerre et crimes contre l’Humanité au Darfour.
’’Je suis optimiste pour l’arrestation du président soudanais’’, a déclaré le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo à l’Agence de presse africaine (APA), à l’issue de son audience avec le président Abdoulaye Wade.
Dans une autre déclaration à l’AFP, faite également après sa rencontre avec le chef de l’état sénégalais, le juge Ocampo a estimé que ’’les crimes à grande échelle (au Darfour) ne peuvent pas être commis sans un soutien politique. Si les dirigeants africains sont au courant des crimes, dit-il, ils seront les mieux placés à les faire cesser.
Le 14 juillet dernier, Luis Moreno Ocampo avait déjà présenté ’’des éléments de preuve’’ aux magistrats de la Chambre préliminaire. Ces pièces à conviction, selon ses propres mots, ’’démontrent que le président du Soudan, Omar el Béchir, a commis des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre au Darfour’’, s’est exprimé le juge Ocampo dans les colonnes du quotidien dakarois, ’’Le Soleil’’.
’’Dans les camps, les forces de M. Al Bashir tuent les hommes et violent les femmes. Il veut mettre un point final à l’histoire des peuples four, masalit et zaghawa. Je n’ai pas le luxe de me voiler la face. J’ai des preuves’’, a-t-il ajouté, en relevant qu’en cas d’arrestation et d’inculpation, le président soudanais a ’’parfaitement le droit de se défendre’’ personnellement ou par l’intermédiaire d’un avocat.
Son procès pourrait durer jusqu’à un an.
’’Je crois que nous avons un objectif commun qui est celui de faire cesser les crimes’’, a-t-il fait remarquer à l’AFP, tout en indiquant que la CPI continuera d’informer régulièrement les dirigeants africains et arabes sur la situation au Darfour.
Au lendemain de la demande du procureur, de lancer un mandat d’arrêt international contre le président soudanais, Wade avait préconisé une suspension de cette mesure pour un an Ce dernier estimait qu’elle pourrait entraîner le ’’chaos au Darfour’’. ’’On peut être amis, mais la loi est la loi’’ a indiqué M. Moreno-Ocampo, faisant référence aux bonnes relations qu’entretient M. Wade avec le président Omar Béchir en voie d’arrestation.
’’Je ne suis pas un politicien qui cherche à remporter des élections, martèle-t-il, mais plutôt un pratiquant de la loi. ’’Mon mandat, dit-il, est de contribuer à lutter contre l’impunité’’ et ’’à mettre un terme aux crimes contre l’humanité’’, a-t-il déclaré à APA.
Outre le Darfour, le bureau du procureur de la CPI enquête sur les graves violations des droits de l’homme et crimes de guerre en République démocratique du Congo (RDC), en Centrafrique et en Ouganda. Il entend situer la responsabilité des personnes impliquées, qui ont une grande responsabilité dans ces crimes et les poursuivre en justice. (apic/ibc/ts)
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