Italie: L’hebdomadaire des Paolini s’en prend à la politique berlusconienne

Le Vatican prend ses distances avec « Famiglia Cristiana »

Rome, 14 août 2008 (Apic) L’hebdomadaire italien d’inspiration catholique « Famiglia Cristiana » croise depuis un certain temps le fer avec le gouvernement Berlusconi, notamment concernant le traitement réservé aux Tziganes. Jeudi 14 août, la presse italienne a fait ses choux gras de la polémique après un nouvel éditorial évoquant le spectre du fascisme. Le Vatican a pris ses distances avec « Famiglia Cristiana », accusée par le centre-droit italien d’être « cathocommuniste ».

Usurpant le rôle de la Congrégation vaticane pour la doctrine de la foi, la droite italienne a finalement accusé l’hebdomadaire catholique de ne pas représenter « la vraie doctrine de l’Eglise ».

Le directeur de la Salle de presse du Vatican, le Père Federico Lombardi, a précisé jeudi matin que l’hebdomadaire des Paolini n’a pas de titre ni pour exprimer « la ligne du Saint Siège ni celle de la Conférence épiscopale italienne (CEI) », rapporte l’agence de presse italienne Ansa. Le Père Lombardi a souligné que les positions défendues par « Famiglia Cristiana » sont exclusivement de la responsabilité de la direction de l’hebdomadaire.

Directeur de « Famiglia Cristiana », don Antonio Sciortino a relevé qu’il n’avait pas été désapprouvé par le Vatican, « parce que nous n’avons jamais rêvé d’être l’organe officiel du Saint Siège et de la CEI », qui ont leur propre journal officiel, respectivement l’ »Osservatore Romano » et l’ »Avvenire ». Quant à ’’Famiglia Cristiana », l’hebdomadaire, comme toutes les publications d’obédience catholique, est en « parfaite syntonie avec le Magistère de l’Eglise et avec sa Doctrine Sociale », mais il peut jouir de son autonomie d’intervention dans le débat politique général.

Un ton « irresponsable »

Deux ministres du gouvernement de Silvio Berlusconi ont condamné le ton « irresponsable » de l’éditorialiste Beppe Del Colle. Depuis la fin juin, « Famiglia Cristiana » dénonce comme « indécent » et « raciste » le projet gouvernemental de prendre les empreintes digitales des enfants de nomades. Le journal a déploré les faibles réactions que cette mesure et d’autres en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine ont suscitées en Italie.

Beppe Del Colle a rappelé les craintes du Parlement européen face aux mesures anti-immigrés annoncées par le gouvernement Berlusconi. Il a exprimé l’espoir « que ne se réalise jamais ces craintes d’une renaissance d’une autre forme de fascisme chez nous ». « Les fascistes c’est vous, avec votre ton de matraqueur », a rétorqué Carlo Giovanardi, sous-secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil italien, en suivant les condamnations d’autres membres du gouvernement Berlusconi.

Ces derniers ont dénoncé un « langage idéologique qui est celui de la gauche » et qui a été « nettement rejeté par les citoyens » aux législatives d’avril dernier. Giovanardi, chef de groupe des léguistes à la Chambre des députés, a souligné que ce ne sont pas les éditoriaux qui changent la réalité, d’autant plus que le monde catholique italien « partage les mesures sur la sécurité adoptées par le gouvernement et approuvées par le Parlement ». L’hebdomadaire a été fondé en 1931 par Giacomo Alberione, qui estimait que la « nouvelle frontière de l’évangélisation » était constituée par les médias modernes. (apic/ansa/repubblic/be)

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