Zimbabwe: Appel d’une commission catholique pour un gouvernement de transition
Harare, 17 août 2008 (Apic) Au Zimbabwe, une commission catholique romaine de défense des droits de la personne a appelé de ses voeux l’établissement d’une autorité de transition pour tenter de mettre fin aux crises politique et économique que subit le pays.
«Une autorité de transition doit être mise en place sur une période supérieure à deux ans et inférieure à trois ans», a indiqué dans un communiqué la Commission justice et paix de l’Eglise catholique romaine. «Un processus de guérison nationale, de réconciliation politique et de réhabilitation économique sera alors possible», a-t-elle ajouté.
Les réunions organisées dans la capitale Zimbabwéenne, Harare, sous l’égide du président sud-africain Thabo Mbeki, pour réduire les tensions entre les principaux partis politiques du pays et trouver des solutions pour enrayer la grave crise économique, ont abouti le 13 août à une impasse, car les trois parties n’ont pas réussi à s’entendre.
Le 15 août, le quotidien zimbabwéen The Herald affirmait que les négociations allaient reprendre au cours du week-end des 16 et 17 août en Afrique du Sud.
A Harare, Thabo Mbeki a participé pendant trois jours à des réunions avec Robert Mugabe, dirigeant du Zimbabwe depuis 1980, Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), parti d’opposition ayant été officiellement déclaré vainqueur des élections législatives de mars, et Arthur Mutambara, qui est à la tête d’une petite faction dissidente du MDC. Ces réunions étaient censées aboutir à la signature d’un accord sur le partage du pouvoir.
Le président Mbeki a déclaré que seul un point empêche la signature finale de l’accord. Selon lui, Morgan Tsvangirai a demandé «du temps … pour réfléchir sur ce point, que les deux autres négociateurs [Robert Mugabe et Arthur Mutambara] ont accepté».
Selon Associated Press, le principal contentieux porterait sur la part de pouvoir que Robert Mugabe, 84 ans, serait prêt à céder. Le président zimbabwéen souhaiterait conserver le poste et l’autorité de président, tandis que Morgan Tsvangirai voudrait des pouvoirs exécutifs étendus en tant que Premier ministre, notamment le droit de présider aux réunions du gouvernement.
Robert Mugabe, au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe, en 1980, affirme avoir remporté un nouveau mandat de cinq ans lors de l’élection présidentielle du 27 juin, à laquelle il était le seul candidat après que son opposant Morgan Tsvangirai se fut retiré de la course à la présidence, invoquant une intensification de la violence à l’encontre de ses partisans. La communauté internationale a affirmé que le scrutin était entaché d’irrégularités (apic/eni/js)
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