Malgré la demande pressante de la Conférence épiscopale

Nicaragua: Le cardinal Obando reste à la tête de la Commission de Réconciliation

Managua, 20 août 2008 (Apic) Le cardinal nicaraguayen Miguel Obando Bravo, ancien archevêque de Managua, veut rester à la tête de la Commission de Réconciliation, Vérification, Paix et Justice du Nicaragua qu’il préside depuis mars 2007. Mais les évêques de ce petit pays centraméricain lui ont donné trois mois pour se retirer de cette fonction.

Le cardinal Obando, âgé de 82 ans, a pris la tête de cet organisme au printemps 2007, à la demande du président Daniel Ortega. Cette commission est chargée de vérifier la mise en oeuvre des accords de paix qui ont mis fin à la guerre civile qui a ensanglanté le pays dans les années 80. Alors qu’à l’époque la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), bien que réticente, lui avait exprimé son soutien, ils viennent de demander au cardinal Miguel Obando Bravo de démissionner. Il s’agit d’un délai «pressant», a déclaré début août Mgr Juan Abelardo Mata Guevara, évêque d’Esteli et secrétaire général de la CEN.

Mais le cardinal Obando a rejeté la demande expresse de ses confrères et ne se retirera pas de la Commission gouvernementale, où il jouit de l’appui déclaré du président Daniel Ortega. Mgr Mata Guevara relève que la demande de démission qu’ont exprimée les évêques nicaraguayens vient du fait que le gouvernement actuel «utilise l’image» du cardinal pour le faire passer pour un fervent «sandiniste».

La «vipère» apprivoisée

Le cardinal Obando a été longtemps un ennemi déclaré des forces sandinistes avant de devenir l’ami du président Ortega, qu’il avait pourtant comparé à une «vipère» lors de la campagne électorale d’octobre 1996. A l’époque opposant virulent de Daniel Ortega, il avait soutenu son rival à l’élection présidentielle, Arnoldo Aleman, de l’Alliance libérale nicaraguayenne. Depuis, les relations entre les deux hommes ont bien changé, le cardinal lui donnant publiquement la communion et célébrant même le 3 septembre 2005 son mariage religieux avec Rosario Murillo, la mère de ses huit enfants.

Bête noire de l’Eglise catholique, Daniel Ortega avait lui aussi effectué pendant la dernière campagne électorale une réconciliation spectaculaire avec le cardinal Obando Bravo, qui lui a alors donné la communion devant les caméras de télévision. «Le pardon, offert et accepté, est une prémisse indispensable pour s’engager sur le chemin portant à une paix authentique et stable», avait pour sa part déclaré le cardinal Miguel Obando Bravo lors de la messe sur la Plaza de la Revolucion à l’occasion des célébrations du 25e anniversaire de la révolution sandiniste, le 19 juillet 2004.

A cette occasion, Daniel Ortega lui avait adressé une demande de pardon «pour les offenses passées» faites à l’Eglise, demande de pardon qu’il a renouvelée début août lors de la célébration du jubilé des 50 ans de l’ordination sacerdotale de l’ancien archevêque de Managua. Le cardinal Obando avait déjà présidé dans les années 80 une commission de réconciliation nationale destinée à mettre fin à la guerre civile menée contre le régime sandiniste par la «contra» appuyée financièrement et militairement par les Etats-Unis. (apic/com/be)

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