Rome: Les catholiques pro-avortement ne doivent pas communier, selon Mgr R. Burke
Rome, 20 août 2008 (Apic) Les catholiques favorables à l’avortement ne doivent pas recevoir la communion, estime le nouveau préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique à Rome, Mgr Raymond Leo Burke. Jusqu’à cet été archevêque de Saint-Louis, aux Etats-Unis, le prélat a déclaré à la revue italienne «Radici Cristiane» que quand il s’agit de politiciens catholiques favorables à l’avortement, «le ministre de l’eucharistie a l’obligation de lui refuser la communion».
Mgr Burke explique dans la dernière édition de la revue que les catholiques n’ont pas un «droit» à recevoir l’eucharistie. Remarquant que parmi les fidèles, on voit parfois des attitudes irrévérencieuses lors de la communion, il relève que recevoir dans ces conditions «le corps et le sang du Christ est un sacrilège». Si on le fait délibérément, en état de péché mortel, «c’est un sacrilège!». Ainsi, si quelqu’un a un péché mortel sur la conscience, il doit d’abord se confesser de ce péché et recevoir l’absolution, et seulement après s’approcher du sacrement de l’eucharistie.
Mgr Burke donne en exemple de ce sacrilège le cas d’un fonctionnaire public qui, en toute connaissance de cause, soutient des actions contraires à la loi morale divine et éternelle», par exemple s’il appuie publiquement l’avortement qui comporte la suppression de vies humaines innocentes et sans défense». Une personne qui commet un péché de cette sorte, ajoute-t-il, «doit être admonesté publiquement, de façon qu’il ne reçoive pas la communion avant qu’il n’ait réformé sa propre vie».
«Si nous avons une personnalité publique qui soutient ouvertement et délibérément le droit à l’avortement et qui reçoit l’eucharistie, que vont finir par penser les gens ? Ils finiront par croire que c’est correct jusqu’à un certain point de supprimer une vie innocente dans le sein maternel», a-t-il ajouté.
Un évêque classé parmi les évêques les plus conservateurs des Etats-Unis
Le pape Benoît XVI a nommé le 27 juin dernier préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique Mgr Raymond Leo Burke, jusqu’alors archevêque de Saint-Louis, aux Etats-Unis. Ce prélat originaire de l’Etat américain du Wisconsin, classé parmi les évêques les plus conservateurs des Etats-Unis, a eu 60 ans le 30 juin dernier. Il a remplacé le cardinal Agostino Vallini, nommé le jour même vicaire du pape pour le diocèse de Rome.
Mgr Burke avait suscité un vif débat au sein de l’Eglise catholique américaine durant les élections présidentielles de 2004, en proposant déjà de refuser la communion aux candidats favorables à l’avortement. Il avait alors déclaré que si le candidat démocrate – et catholique -, le sénateur John Kerry, se présentait à la communion quand il faisait campagne à Saint-Louis, il lui donnerait une bénédiction, mais pas la communion.
A la même époque, la majorité des évêques américains s’étaient déclarés contre le refus de la communion pour les politiciens «pro-choice», estimant qu’il s’agissait là d’une «arme» délicate. Ainsi le cardinal Theodore McCarrick, la majorité de ses collègues et également le Vatican étaient alors d’avis que les divergences d’opinion en matière d’avortement ne devraient pas être portées devant l’autel. A l’époque, le débat avait fait rage dans les médias, des évêques ayant été accusés d’être partisans d’une seule cause – par exemple la protection de la vie à naître – mais d’être indifférents au sujet des pauvres ou de la guerre menée par l’administration Bush en Irak. D’autres avaient été dénoncés pour avoir une opinion exactement contraire.
Des évêques avaient annoncé durant la campagne électorale qu’ils refuseraient la communion aux partisans de l’avortement, visant ainsi explicitement le candidat démocrate John Kerry, qui représente également des positions libérales en matière de recherche sur les cellules souches ou les couples homosexuels. Parmi ces tenants d’une ligne dure, il y avait notamment Mgr Raymond Burke, à l’époque archevêque de Saint-Louis. Sans explicitement l’affirmer, Mgr Burke invitait en 2004, pour des raisons morales, à voter pour le protestant George W. Bush au détriment du catholique John Kerry. (apic/com/be)
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