France: Dix ans de conversations entre l’Alliance évangélique française et l’Eglise catholique
Paris, 21 août 2008 (Apic) Depuis quelques années, beaucoup s’inquiètent de l’essor des communautés protestantes évangéliques, notamment en France. Cette transformation du paysage religieux est parfois perçue comme un aspect inquiétant de la montée de l’intégrisme sur fond de concurrence avec l’Eglise catholique. Mais dans les faits, un dialogue fructueux entre personnalités catholiques et protestantes évangéliques se poursuit depuis dix ans en France.
Pour célébrer l’anniversaire de ce dialogue, le groupe de conversation entre l’Alliance évangélique française et l’Eglise catholique organise une réception suivie d’une conférence-débat le jeudi 25 septembre prochain à Montreuil sous Bois, près de Paris.
Depuis dix ans, en effet, un groupe de personnalités catholiques et protestantes évangéliques fait l’expérience d’un dialogue permettant de dépasser les préjugés mutuels. Sans renier leurs convictions religieuses respectives, ses membres ont appris à mieux se connaître et à dépasser les caricatures mutuelles, comme l’a montré le document «Regard sur le protestantisme évangélique en France», qu’ils ont publié en 2006.
Aujourd’hui, ils poursuivent leur dialogue avec le souci de progresser vers une plus grande compréhension des spécificités de chacun et le désir d’une fidélité approfondie au Christ et à sa parole. A l’occasion de l’anniversaire de sa fondation, ce groupe veut témoigner aussi que, loin d’être un facteur d’intolérance, la religion chrétienne peut apporter une contribution positive au débat public et à la paix sociale.
Réalisé par le «groupe de conversations» composé de représentants de l’Eglise catholique en France et de personnalités évangéliques, le document de dialogue «Regard sur le protestantisme évangélique», publié par le Secrétariat général de la Conférence des Evêques de France (Documents Episcopat N°8/2006), est le premier document de ce type entre catholiques et évangéliques en France. «Regard sur le protestantisme évangélique» répond à un besoin d’information, tant au niveau religieux qu’au niveau des valeurs. Il peut être utilisé dans des rencontres interconfessionnelles ou démarches tant religieuses que laïques comme auprès des médias
Notons que la Réforme protestante n’est pas le seul mouvement qui a cherché à renouveler l’Eglise. Elle se distingue cependant des autres mouvements de réformes par son ampleur, sa rupture avec l’Eglise romaine, et ses implications politiques et sociales. Si les précurseurs sont nombreux (Vaudois du Piémont, Hussites de Bohème…), on parle généralement de Réforme ou de Réformation pour désigner le courant religieux suscité par les écrits de Luther à partir de 1520 en Allemagne, par ceux de Zwingli en Suisse et de Calvin en France et à Genève. Ce courant s’est répandu rapidement dans toute l’Europe.
En Europe du Nord, de nombreux princes et dirigeants adoptent le luthéranisme qui devient religion officielle. La plupart des Eglises luthériennes adoptent la Confession d’Augsbourg, rédigée en 1530. En France, le premier synode réunissant les Eglises réformées en 1559 adopte la Confession de foi dite Confession de foi de La Rochelle. En Angleterre, la Réforme prend une forme spécifique, l’anglicanisme. Toute religion inscrite dans la durée est appelée à connaître un processus de «formation, déformation, reformation». D’où l’idée d’une Réforme protestante permanente, qui explique, par exemple, le renouvellement intervenu au XXème siècle. JB
Encadré
Aux origines des Eglises évangéliques
Les Eglises évangéliques tirent leurs origines de différents mouvements réformateurs protestants du XVIe siècle, en particulier anabaptistes. D’une manière générale, ces Eglises ont la particularité de ne reconnaître comme membres que celles et ceux qui font profession de foi en Jésus-Christ et qui, en demandant le baptême, font un acte volontaire et personnel de repentance et de foi. Pour cette raison, les Eglises évangéliques ne pratiquent pas le baptême des petits enfants. Ce sont des Eglises de professants, se distinguant sur ce point des Eglises multitudinistes. Par ailleurs, les évangéliques se réclament des grands principes de la Réforme, en particulier le salut par la grâce reçue dans la foi et la «sola scriptura’’: parole inspirée de Dieu, l’Ecriture est l’autorité unique et suffisante sur le plan théologique, pour ces Eglises.
Dès le début de leur histoire, les évangéliques ont affirmé avec force le principe de la séparation des églises et de l’Etat. Ils accordent également autant d’importance à l’évangélisation qu’à l’action sociale: chaque Eglise est appelée à discerner les lieux de témoignage et de service appelant un ministère diaconal. Les Eglises évangéliques peuvent être organisées selon différents principes (congrégationaliste, presbytéro-synodal, etc.).
Le pentecôtisme est né de «mouvements de Réveil» particuliers qui se sont manifestés au début du XX° siècle, notamment aux Etats-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne. Il s’agissait pour les premiers pentecôtistes de revenir aux sources de l’Eglise primitive et de revivre l’expérience des temps apostoliques, plus particulièrement du jour de la Pentecôte. La particularité théologique des pentecôtistes est de penser qu’en plus de la présence du Saint Esprit dans le croyant à travers la nouvelle naissance, il y aussi un revêtement de puissance communiqué lors d’une expérience particulière appelé baptême de l’Esprit.
Celui-ci confère au croyant des dons particuliers comme le parler en langue, la prophétie ou la guérison divine. Ces dons de l’Esprit (ou charismes) sont énumérés dans la première Epître aux Corinthiens. Les Eglises pentecôtistes se veulent les témoins de «l’Evangile aux quatre angles»: Jésus sauve, baptise, guérit, revient. Par ailleurs, elles se situent dans la tradition protestante évangélique et baptiste et se réfèrent aux grands principes de la Réforme: salut par la grâce, autorité de la Bible seule, sacerdoce universel. (apic/com/be)
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