Finlande : Un évêque explique sa démission par le manque de fonds et de soutien
Helsinki, 22 août 2008 (Apic) Un évêque catholique a déclaré avoir décidé de démissionner de ses fonctions en tant que chef de l’Eglise en Finlande après être arrivé à la conclusion qu’il était trop pauvre pour écarter la menace d’une «catastrophe financière».
«Mes possibilités sont limitées, surtout que je viens d’un ordre religieux», a déclaré Mgr Jozef Wrobel, membre de l’ordre du Sacré-Coeur, qui est retourné dans sa Pologne natale en juin après huit années en tant qu’évêque catholique d’Helsinki. «Je suis arrivé à la conclusion qu’il serait préférable que le diocèse soit pris en main par un évêque disposant de ressources financières plus importantes. Les trois évêques d’Helsinki qui m’ont précédés étaient des Néerlandais, qui recevaient une aide importante pour le maintien du diocèse d’Allemagne ou de leur propre pays.»
Mgr Wrobel avait déclaré en juin dans une interview à l’agence d’information catholique polonaise KAI que les 10’000 catholiques de Finlande étaient principalement des migrants pauvres, dépendant des aides sociales et incapables de contribuer au maintien des sept paroisses et 40 centres paroissiaux de leur Eglise.
«La majeure partie des fonds est consacrée aux rénovations, qui sont en préparation depuis des années. Lorsque je suis arrivé dans le diocèse, de nombreuses églises étaient déjà dans un état déplorable et l’une d’elles a même dû être rasée et reconstruite entièrement», a expliqué l’évêque, qui a été ordonné en 2001.
«Au départ, des institutions allemandes venaient beaucoup en aide à notre Eglise dans le besoin. Mais cette aide s’est considérablement réduite ces dernières années et elle ne suffit plus pour assumer des frais aussi importants. Un évêque allemand ou italien pourrait obtenir un soutien adéquat de son pays d’origine bien plus facilement qu’un évêque polonais.»
Majorité évangélique luthérienne
L’Eglise officielle évangélique luthérienne, avec ses neuf diocèses, représente 86 % des 5,24 millions d’habitants de la Finlande, 1 % de la population appartenant à l’Eglise orthodoxe. La petite minorité catholique du pays, principalement des descendants de soldats polonais et lituaniens ayant combattu dans l’armée russe au XIXe siècle, est concentrée dans l’agglomération d’Helsinki. Elle compte 21 prêtres et 40 religieuses, dont seuls quelques-uns sont Finnois.
Bien que les catholiques soient en bons termes avec les responsables luthériens et orthodoxes, selon l’évêque, ils sont désavantagés d’un point de vue fiscal, et manquent de livres de cantiques et de matériel liturgique.
«L’Eglise luthérienne jouit de la primauté et ses droits sont automatiquement garantis par les autorités, tandis que les Eglises et les communautés religieuses plus petites doivent se démener pour pouvoir bénéficier de ces droits et de facilités», a déclaré l’évêque, âgé de 55 ans.
Officiellement reconnue depuis 1929, l’Eglise catholique romaine jouit des pleins droits constitutionnels, selon une loi de 2003 sur la liberté religieuse. Néanmoins, l’Eglise affirme ne pas pouvoir bénéficier des subventions versées par l’Etat pour chacun de ses membres, contrairement aux Eglises établies – l’Eglise évangélique luthérienne et l’Eglise orthodoxe. Le Père Teemu Sippo, prêtre finnois de l’ordre du Sacré-Coeur, a été désigné administrateur du diocèse d’Helsinki le 2 juillet en attendant qu’un nouvel évêque soit trouvé. (apic/eni/js)
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