Le gouvernement Berlusconi fait peur
Cantorbéry, 26 août 2008 (Apic) Un magazine catholique britannique a affirmé dans un éditorial que ceux qui connaissent l’holocauste nazi ne peuvent pas rester impassibles devant ce qui se déroule en Italie, où certains politiciens ont attisé l’opinion publique contre l’un des groupes minoritaires les plus pauvres et les plus vulnérables du pays, les Tsiganes.
« Cette question est particulièrement vive depuis que la coalition de centre-droit menée par Silvio Berlusconi est arrivée au pouvoir en avril 2008, axant sa campagne sur des politiques anti-Tsiganes et anti-immigration », a affirmé l’hebdomadaire « The Tablet » dans un éditorial intitulé « Attention au nouveau fascisme en Italie ».
« La politique la plus notoire du nouveau gouvernement concerne le relevé obligatoire des empreintes digitales au sein de la population Tsigane, y compris celles des enfants. Cette politique est ouvertement discriminatoire et implique que tous les Tsiganes sont des criminels en puissance », affirme « The Tablet » dans son numéro du 23 août.
Ce numéro comprend également un article rédigé par son correspondant à Rome, Robert Mickens, concernant l’immixtion du pape Benoît XVI dans le débat, après qu’il eut mis en garde contre la montée de « signes récents et inquiétants de racisme » dans « certains pays ».
L’éditorial de « The Tablet » affirme : « Ce n’est pas une coïncidence si des responsables juifs italiens se sont exprimés contre ces signes de plus en plus manifestes de racisme, car ils ne savent que trop bien jusqu’où ils peuvent mener. En effet, après les juifs, les Tsiganes étaient le plus important groupe racial ayant fait l’objet d’une extermination par les nazis. » L’éditorial souligne que, dans ses protestations, la communauté juive a reçu l’appui d’organisations telles que le Parlement européen, le Conseil de l’Europe, l’UNICEF et l’Eglise catholique.
Certains historiens de l’holocauste, parmi lesquels Martin Gilbert, estiment que jusqu’à 900’000 Tsiganes habitaient en Europe en 1939. Environ 35’000 d’entre eux vivaient en Allemagne. Des milliers de Tsiganes ont été rassemblés et envoyés dans des camps de concentration dès 1933, et des historiens affirment que des expériences scientifiques ont été menées sur certains d’entre eux.
Dans son éditorial, « The Tablet » avertit que l’une des leçons qu’il faut tirer de l’histoire, c’est que le fascisme est un ennemi trop sinistre pour être toléré, quelles que soient les circonstances. « Il est temps de le rappeler au peuple italien », affirme le magazine. (apic/eni/js)
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