60ème anniversaire du Conseil oecuménique des Eglises

Pays-Bas La force du COE, c’est d’être la voix des victimes

Utrecht, Pays-Bas, 26 août 2008 (Apic) L’avenir du Conseil oecuménique des Eglises réside dans sa force à offrir aux moins chanceux de ce monde une voix, a déclaré un ancien responsable d’Eglise néerlandais lors d’un rassemblement organisé à Amsterdam pour commémorer le 60e anniversaire du COE.

Ce rassemblement, lors duquel a été organisée une table ronde, a eu lieu le 22 août à la Nieuwe Kerk (Nouvelle église) d’Amsterdam, pour marquer la fondation – il y a 60 ans, lors d’une Assemblée spéciale le 23 août 1948 – de l’organisation oecuménique qui avait pour objectif de forger l’unité chrétienne. C’est un Néerlandais, Willem Visser ’t Hooft, qui a été le premier secrétaire général du Conseil, de 1948 à 1966.

Invitée d’honneur à l’anniversaire, la reine des Pays-Bas Beatrix s’est vu remettre le premier exemplaire d’un livre publié à l’occasion du jubilé : « The Ecumenical Movement at a Crossroads » (Le mouvement oecuménique à la croisée des chemins).

Le COE doit radicalement changer, a déclaré Albert van den Heuvel, qui a travaillé au Conseil de 1959 à 1980, et qui a été secrétaire général de l’Eglise réformée des Pays-Bas, alors la plus grande Eglise protestante du pays. Selon lui, le Conseil devrait réduire son personnel, diminuer le nombre d’études et de conférences et fermer son secrétariat à Genève et le remplacer par des bureaux sur chaque continent.

La force du Conseil ne réside pas dans la poursuite de grands chantiers, d’un grand pouvoir ou d’une grande influence, a déclaré Albert van den Heuvel. Sa force réside plutôt dans sa capacité à raconté ce qu’ont vécu les victimes d’injustices, de la guerre et de la violence. « Donnez-leur une voix », a-t-il exhorté. « C’est en cela que le Conseil excelle. »

Lors de la table ronde, l’ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères Peter Kooijmans a plaidé en faveur d’un organisme international qui identifie les régions du monde ou` les tensions peuvent rapidement dégénérer en conflit armé.

Cet organisme devrait aider les Eglise de cette région à déterminer comment accomplir leur mandat de pacificateur, afin de prévenir la violence. Les Eglise entretiennent souvent un lien tellement étroit avec les dirigeants qu’elles ne peuvent pas contribuer à favoriser une réconciliation, a expliqué Peter Kooijmans.

Présence et voeux des autorités

Dans le livre remis à la reine des Pays-Bas, plus de vingt personnes, dont Albert van den Heuvel et Peter Kooijmans, présentent leur vision de l’avenir de l’oecuménisme. Le livre est sous-titré « Soixante ans plus tard : que signifie ’Amsterdam 1948’ pour nous aujourd’hui ? ».

La reine Beatrix avait également pris part aux manifestations commémoratives des 40e et 50e anniversaires du COE, en 1988 et en 1998. Par son intérêt pour les travaux du Conseil, elle s’inscrit dans la lignée de sa mère, la princesse Juliana, ont indiqué des médias néerlandais.

Ayant remercié « les Eglises et les amis oecuméniques des Pays-Bas » qui ont organisé la réunion d’Amsterdam, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, a déclaré : « Aujourd’hui, les défis de la quête de l’unité visible semblent encore plus difficiles, mais nous regardons néanmoins vers les soixante prochaines années avec espoir et confiance, inspirés par l’esprit de nos ancêtres oecuméniques, qui ont rendu Amsterdam 1948 possible. »

L’anniversaire a été célébré dans une salle attenante à la Nieuwe Kerk, qui est depuis 1815 l’église nationale des Pays-Bas, accueillant les cérémonies d’intronisation des monarques. L’église est un lieu bien connu d’expositions temporaires.

La principale célébration religieuse du 60e anniversaire du COE a eu lieu en février à la cathédrale Saint-Pierre de Genève, lors d’une réunion du Comité central du Conseil, son principal organe directeur. Le nombre de membres a plus que doublé depuis son Assemblée d’ouverture, en 1948, passant de 147 à 349 Eglises membres. (apic/eni/js)

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