Inde: L’Eglise catholique ferme toutes ses écoles vendredi dans l’ensemble du pays
New Delhi, 28 août 2008 (Apic) L’ensemble des écoles de l’Inde, administrées par l’Eglise catholique, resteront fermées vendredi en signe de solidarité face aux violences qui secouent l’Etat indien d’Orissa, indique l’Agence Misna. Quant au gouvernement central, à New Delhi, il demeure silencieux face aux événements qui pourraient dégénérer, avec les gens qui fuient leurs villages dans l’Etat d’Orissa.
«En signe de solidarité avec nos frères et soeurs et pour protester contre les atrocités commises à l’encontre de la communauté chrétienne et d’autres personnes innocentes», toutes les écoles de l’Inde administrées par l’Église catholique resteront fermées vendredi, a en effet communiqué la Conférence épiscopale indienne sur son site.
Le cardinal Varkey Vithayanthil, président de la Conférence épiscopale, invite «toutes les communautés catholiques à manifester pacifiquement pour s’opposer à de nouvelles attaques à l’encontre des chrétiens dans plusieurs parties du pays», exhortant la communauté catholique à «observer dimanche un jour de jeûne et de prière pour l’harmonie entre les religions et la paix en Inde».
Les établissements scolaires, tous niveaux confondus, gérés par l’Église catholique sont très nombreux et présents dans tout le pays. Ils accueillent des élèves issus de toutes les religions. Les violences perpétrées contre les chrétiens ont également été condamnées par l’organisme oecuménique chrétien All India Christian Council.
Selon un nouveau bilan, les victimes des violences dans l’Etat d’Orissa s’élèvent désormais à 14, communique le bureau du diocèse de Sambalpur, cité par Misna. 12 morts ont été enregistrés dans le district de Kandhamal, dont six à Barkhama. Le communiqué fait par ailleurs état de 42 églises brûlées, dont une dizaine pentecôtistes et baptistes, de trois couvents catholiques, cinq centres d’accueil, sept instituts pastoraux et quelque 300 habitations incendiés ou endommagés.
Réunion des chefs
Une réunion des chefs religieux des religions chrétienne, musulmane et hindoue a été fixée à vendredi à Sambalpur, afin de discuter de la situation et de la manière dont pacifier nos communautés, confirme pour sa part le Père Alphonse Toppo, secrétaire de l’évêque de Sambalpur. En dépit du déploiement massif de la police, la situation reste très tendue, surtout dans les zones rurales où les forces de l’ordre ne sont toujours pas arrivées, a indiqué le religieux avant d’ajouter.
«Nous sommes très inquiets au sujet des sans-abri, difficilement quantifiables, qui, pour se mettre à l’abri des violences, se sont réfugiés dans les forêts où ils sont depuis quatre jours sans nourriture ni eau. Dans ces zones, la forêt est très dense et pas même la police ne sait bien comment retrouver et ramener ces personnes», commente le Père Toppo, alors que les autorités locales prennent les premières mesures pour aménager des centres d’accueil.
Les violences des groupes radicaux hindous Vhp (Forum mondial hindou), Bajaral Dal et Rss (Corps volontaires nationaux) ont été condamnées par nombre de représentants politiques de l’opposition, mais aucune condamnation ouverte n’est encore parvenue du chef de l’exécutif de l’Orissa, Naveen Patnaik, le parti au pouvoir étant allié au Parti Bharatiya Janata, formation nationaliste hindoue proche des mouvements radicaux.
Sur le terrain, l’Est de l’Inde reste sous haute tension entre hindous et chrétiens. Des centaines de résidents de l’Etat de l’Orissa, fuient depuis mercredi leurs logements dans une région sous très haute tension entre hindous et chrétiens après les violences de ces derniers jours.
Les heurts ont débuté samedi avec l’assassinat d’un dignitaire du Conseil mondial hindou (Vishwa Hindu Parishad), Swami Laxmanananda Saraswati, et quatre compagnons. La police y voit la main de rebelles maoïstes, très actifs dans l’Orissa, mais des hindous accusent des «chrétiens». Deux personnes ont ensuite été tuées lundi, dont une femme, hindoue, brûlée vive dans l’incendie criminel d’un orphelinat catholique lors de manifestations du Conseil mondial hindou et du parti nationaliste hindou BJP (Bharatiya Janata Party, opposition).
Selon l’AFP, le chef hindou assassiné faisait campagne contre des «conversions forcées» au christianisme d’hindous de basses castes, des «intouchables». (apic/misna/arch/ag/pr)
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