Les institutions européennes pointées du doigt

Italie: Le chef de la diplomatie vaticane appelle à lutter contre la christianophobie

Rome, 29 août 2008 (Apic) Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, a appelé vendredi à lutter contre la «christianophobie» tout autant que contre l’islamophobie ou l’antisémitisme.

Le prélat est intervenu au cours du meeting annuel promu à Rimini (Italie) par le mouvement Communion et Libération. Il a longuement évoqué l’activité diplomatique du Saint-Siège pour garantir la liberté religieuse à travers le monde, notant aussi que les institutions européennes n’étaient «pas toujours exemptes d’une sorte de préjudice antireligieux et, en particulier, antichrétien».

«Il faut combattre efficacement ce que l’on appelle la «christianophobie tout autant que l’islamophobie et l’antisémitisme», a ainsi déclaré Mgr Dominique Mamberti à la tribune du «meeting pour l’amitié entre les peuples», organisé comme chaque année à Rimini.

Le chef de la diplomatie vaticane a alors proposé une définition de la «christianophobie», pointant du doigt en premier lieu «l’éducation erronée sur les chrétiens et leur religion, où même la désinformation», notant que cela advenait «souvent à travers les médias». Mgr Mamberti a aussi dénoncé «l’intolérance et la discrimination dont les citoyens chrétiens sont victimes notamment à cause de la législation ou des mesures administratives, par rapport à ceux qui professent d’autres religions ou n’en ont aucune».

Violences et persécutions

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats a enfin évoqué «les persécutions et les violences». «La discrimination et l’intolérance à l’égard des chrétiens», a-t-il insisté une nouvelle fois, «doivent être affrontées avec la même détermination que celle avec laquelle l’antisémitisme et l’islamophobie sont combattus». Auparavant, le prélat avait rappelé les récentes «violences contre les communautés chrétiennes» dans l’Etat indien de l’Orissa et leur ferme condamnation, la veille, par Benoît XVI.

Outre l’Irak, où de nombreux chrétiens sujets à de multiples «agressions» ont fui le pays, Mgr Dominique Mamberti a estimé que, «dans de nombreux autres pays», ceux-ci étaient «victimes de préjudices, de stéréotypes et d’intolérance parfois même à caractère culturel».

Le prélat a en outre souligné que «les institutions européennes ne sont pas toujours exemptes d’une sorte de préjugé antireligieux et, en particulier, antichrétien». Le diplomate a jugé que le Saint-Siège se trouvait en Europe «face à deux graves attaques de la liberté religieuse». Et de citer «le détachement de la religion avec la raison qui relègue exclusivement la première dans le domaine des sentiments» ainsi que «la séparation de la religion et de la vie publique». Mgr Mamberti a par ailleurs estimé que le respect de la liberté religieuse devait «être garanti aux minorité non chrétiennes en Europe comme il devait l’être aux minorités chrétiennes hors d’Europe».

Le prédécesseur de Mgr Mamberti, Mgr Giovanni Lajolo, avait déjà dénoncé en février 2006 l’augmentation du sentiment de «christianophobie». Devant cette augmentation des violences contre les chrétiens, il avait cependant expliqué que l’Eglise n’appliquerait pas la loi du Talion. (apic/imedia/ami/pr)

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