Abidjan, 4 septembre 2008 (Apic) La Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire (CECI) lancera vendredi 5 septembre les Journées de repentance, de pardon et de réconciliation (JRPR) à travers tout le pays. Elles seront marquées pendant 10 jours (5-14 septembre) par une série de manifestations religieuses. La CECI veut ainsi apporter sa contribution au processus de sortie de crise, rapporte le quotidien « Notre Voie » d’Abidjan. Les JRPR ont été décidées lors de sa 85e assemblée plénière de la CECI, tenue en janvier 2008 à Ferkessédougou dans le diocèse de diocèse de Katiola (nord). (apc/ibc/pr)
Corée du Sud: Monstre manifestation des bouddhistes contre le président Lee Myung-bak
Accusé d’édifier une «République protestante de Corée»
Séoul, 4 septembre 2008 (Apic) Des dizaines de milliers de bouddhistes ont manifesté à Séoul pour dénoncer l’attitude, selon eux, trop ouvertement favorable aux protestants du président de la République. Lee Myung-bak est accusé de vouloir imposer une «République protestante de Corée. Les bouddhistes ne sont pas les seuls à manifester. Les anglicans sont inquiets eux aussi. L’Eglise catholique adopte une attitude prudente.
Le 27 août dernier, des dizaines de milliers de bouddhistes venus de tout le pays, dont de très nombreux moines, se sont rassemblés sur la place de l’hôtel de ville de Séoul pour protester contre ce qu’ils perçoivent être l’attitude trop ouvertement favorable à la religion protestante du président Lee Myung-bak. Selon les organisateurs de la manifestation, l’Association des ordres bouddhiques coréens, 200’000 personnes (60’000 selon la police), dont 10’ 000 moines, s’étaient déplacées pour l’occasion.
L’Ordre Jogye, la plus importante organisation bouddhique du pays, est à la pointe de la mobilisation de ces dernières semaines. En juin dernier, ses responsables avaient déjà fait part de leur irritation contre le président Lee et son administration, coupables à leurs yeux de chercher à favoriser la religion chrétienne en Corée du Sud.
Le 27 août, un des principaux responsables de Jogye, le vénérable Wonhak, a tenu les propos suivants devant la foule des manifestants, réunis pacifiquement: «Le bouddhisme coréen contribue de manière significative à la culture de cette nation depuis 1’700 ans. Mais, aujourd’hui, il est en danger et poussé à descendre dans la rue par quelques fondamentalistes protestants qui rêvent d’édifier une «République protestante de Corée».
Pour les responsables bouddhistes, c’est bien le président Lee Myung-bak qui est visé. Elu en décembre 2007, Lee Muyng-bak, au centre-droit sur l’échiquier politique, ne fait pas mystère de sa foi protestante et de ses orientations religieuses, perçues comme «conservatrices».
Très bas dans les sondages
Après avoir levé un embargo en vigueur sur l’importation de viande bovine américaine, le président Lee est tombé très bas dans les sondages d’opinions et des manifestations considérables ont été organisées contre lui et son administration dans les grandes villes du pays. «Le gouvernement du président Lee est arrivé aux affaires il y a six mois et les attentes populaires étaient fortes. Depuis, il s’est avéré que son administration est incompétente ; elle a perdu la confiance des gens. Et, aujourd’hui, elle fait preuve de discrimination religieuse, au point que la paix entre les religions est menacée», a encore affirmé le vénérable Wonhak, cité par Eglises d’Asie.
La virulence des moines bouddhistes de Jogye contre le président a gagné en ampleur après que le chef de l’ordre, le vénérable Jikwan, se soit fait contrôler par la police. En juin dernier, des policiers en faction devant le temple Jogyesa, à Séoul, ont stoppé la voiture du vénérable Jikwan et fouillé son coffre ; ils étaient à la recherche de responsables des manifestations anti-Lee qui avaient trouvé refuge dans le temple bouddhique. Cet incident faisait suite à un autre, lié au système d’information sur les transports en commun dans la capitale dont les plans indiquaient nombre de modestes temples protestants mais omettaient deux des plus importants temples bouddhiques de la capitale – dont celui de l’Ordre Jogye.
La mise en garde anglicane
Pour le vénérable Sukyung, chef du temple Hwagyesa de Séoul, «nous assistons aux ravages causées dans la société par les valeurs faussées d’un président. Le chaos que nous vivons est directement lié à son arrogance et à la certitude qu’il est dans le vrai, des traits de caractère liés au fondamentalisme protestant». Selon lui, le président Lee devrait «présenter des excuses officielles et changer son mode de gouvernement»; il «devrait ’renaître’ en tant que président de la Corée, pas en tant que ministre protestant du culte».
Les bouddhistes n’étaient pas les seuls à manifester le 27 août. Abraham Kim Gwang-joon, pasteur anglican et président du Comité pour l’oecuménisme du Conseil national des Eglises (protestantes) de Corée, y était aussi. «Le gouvernement considère la colère des bouddhistes comme étant le fruit de simples incompréhensions. Mais il devrait faire attention : le favoritisme religieux ne fait pas réagir que les bouddhistes ; des protestants ne sont pas d’accord, eux aussi. (Le président Lee) ne favorise que les protestants qui le soutiennent et il souhaite visiblement que les autres protestants fassent de même», souligne aujourd’hui le pasteur anglican.
Du côté de l’Eglise catholique, dont les responsables et les institutions ont protégé bien des militants de la démocratisation du pays au cours des années 1980-1990, les réactions sont prudentes. Le P. Peter Pai Young-ho, secrétaire de la Conférence épiscopale, dit être «très soucieux de la situation actuelle. La Corée est connue pour être un pays où la règle est l’harmonie et la coopération entre les différentes religions. Les valeurs et les actes de certains hommes politiques ne suivent pas ce modèle».
Genève: L’AGORA prépare son 20ème anniversaire de soutien aux requérants d’asile
Un témoignage d’expériences et de convictions.
Déo Negamiyimana, pour l’Apic
Genève, 5 septembre 2008 (Apic) Créée en 1988, l’aumônerie genevoise oecuménique auprès des requérants d’asile (AGORA) célébrera son 20ème anniversaire le 18 septembre prochain. Au menu : informations, témoignages et présentation de deux ouvrages publiés pour l’occasion.
AGORA: une aumônerie. Comme il en existe dans les hôpitaux ou les prisons. Attachée aux Églises protestante, catholique romaine et catholique chrétienne de Genève, elle est également soutenue par d’autres communautés chrétiennes. Sans oublier le travail indispensable de bénévoles qui se relaient jour après jour. Pour Michel Bavarel, président du Conseil de l’AGORA, la résistance de l’association durera aussi longtemps que la Suisse durcira ses lois et ses pratiques inhumaines envers les étrangers. Interview.
Apic: Quelles sont les principales réalisations de ces dernières années?
Michel Bavarel: Nous n’avons rien à «réaliser». Simplement à accueillir. C’est toute une aventure, avec de multiples rebondissements, évoquée dans deux livres publiés à l’occasion de cet anniversaire. Depuis le départ du Centre d’enregistrement à Vallorbe, nous sommes présents auprès des requérants attribués au canton de Genève. Entre autres auprès de ceux qui ont été frappés d’une non-entrée en matière. De plus, une « aumônière » se rend régulièrement dans la prison de Frambois, où sont enfermés des étrangers en vue de leur expulsion, et dans la zone de transit de l’aéroport de Cointrin où des requérants peuvent être retenus jusqu’à deux mois dans des conditions déplorables.
Apic: Que signifie ce 20ème anniversaire dans un contexte pareil de durcissement du droit d’asile en Suisse?
MB: Le droit et la pratique de l’asile étaient déjà restrictifs avant la fondation de l’AGORA, même s’il est vrai que la situation s’est encore aggravée, notamment depuis l’acceptation par le peuple, le 24 septembre 2006, d’une nouvelle révision de la loi sur l’asile et les étrangers. Ce que nous fêtons, ou célébrons, est d’un autre ordre. C’est ce que nous avons vécu, durant ces vingt ans, auprès d’êtres humains qui ont fui la violence, la persécution ou d’autres problèmes. C’est le partage de la souffrance, mais aussi des joies et des espoirs, ce sont les liens d’amitié. Pour nous, les requérants d’asile ne sont pas que des fardeaux, mais des hommes, des femmes et des enfants avec leurs richesses, leurs potentialités, leurs faiblesses aussi. Cet anniversaire est encore l’occasion de témoigner auprès de l’opinion publique de notre expérience et de nos convictions.
Apic: Comment collaborez-vous avec les Églises ?
MB: Nous informons les autorités des Églises de ce qui se passe dans le domaine de l’asile et les appelons à intervenir auprès des autorités ou de l’opinion publique quand c’est nécessaire.
Apic : Quelle a été l’image du migrant ces dernières années?
MB: Comme les travailleurs migrants à l’époque des initiatives Schwarzenbach, les requérants d’asile sont devenus les boucs émissaires par excellence de la société suisse. Un certain parti politique a fortement contribué à forger cette image. Se tenir auprès de ceux qui sont rejetés, c’est bien le rôle des chrétiens. Dans un mémorandum, les Églises de Suisse déclaraient, déjà en 1985, qu’à la suite de Jésus-Christ, elles ne peuvent « se situer qu’aux côtés de ceux qui ont dû fuir, aux côtés des humiliés et des persécutés »
Apic : Avez-vous des perspectives d’avenir pour ces prochaines années ?
MB: Tant que des requérants d’asile se présenteront chez nous, nous les accueillerons, et garderons notre capacité d’indignation chaque fois que nous constaterons des cas de traitement inhumain. Ce qui nous préoccupe spécialement depuis quelques mois, c’est la recherche de nouveaux locaux, puisque la Maison de la Croisette, que nous loue l’État de Genève, doit faire place à un centre commercial. (apic/dng/pr)
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