Litiges nombreux en Europe de l’Est, 20 ans après la chute du mur

Pologne: Les problèmes de propriétés ne sont toujours pas résolus

Varsovie, 5 septembre 2008 (Apic) Près de 20 ans après la chute du communisme, les problèmes de propriétés en Europe de l’Est ne sont toujours pas résolus. Le système politique communiste qui a dominé la région pendant plus de quatre décennies jette toujours une ombre sur les relations entre l’Eglise et l’Etat.

Dans certains cas, des organisations ou des individus liés à l’Eglise sont accusés de tirer parti des terrains alloués en dédommagement des biens confisqués pendant la période communiste.

En Pologne, l’Eglise catholique romaine a récemment pris la défense d’une commission sur la répartition des biens entre l’Eglise et l’Etat, qui avait accordé des terrains estimés par certains experts à 240 millions de zlotys (72 millions d’euros) à une congrégation de religieuses en dédommagement de biens saisis par les autorités communistes dans une autre ville.

«Presque tout a été pris à l’Eglise catholique et aux autres communautés religieuses après la seconde guerre mondiale, à part les églises et les presbytères», a déclaré l’évêque Stanislaw Budzik, secrétaire général de la Conférence épiscopale de Pologne.

«La plupart des propriétés ont été saisies en vertu d’une loi communiste, qui était injuste mais qui nous engage toujours, puisqu’aucune privatisation n’a été entreprise», a déclaré Mgr Budzik à l’agence de presse catholique polonaise KAI le 26 août. «Cette commission a été mise en place pour restituer les biens de l’Eglise qui lui ont été confisqués en violation, voire même au mépris, de cette injuste loi communiste.»

De nombreux terrains et propriétés de l’Eglise nationalisés ou arbitrairement confisqués pendant la période communiste en Pologne ont été rendus depuis aux paroisses et aux congrégations religieuses.

Cependant, la commission, constituée de représentants du ministère de l’Intérieur et de la Conférence épiscopale, a suscité la critique en donnant d’autres biens lorsque ceux de l’Eglise ne pouvaient pas être restitués.

Le journal Gazeta Wyborcza a indiqué le 14 août que la Commission avait alloué 56 hectares dans l’arrondissement de Bialoleka, à Varsovie, à la congrégation des Soeurs de Sainte-Elisabeth, en compensation de terrains qui lui avait été confisqués dans la ville de Poznan, dans l’ouest du pays.

En Tchéquie aussi

Le journal a affirmé que la congrégation, qui compte plus de 1’300 membres en Pologne, a estimé ce terrain à 30 millions de zlotys (9 millions d’euros), mais, selon des experts locaux, la valeur réelle du terrain serait huit fois plus élevée, c’est-à-dire de 240 millions de zlotys.

Jacek Kaznowski, maire de Bialoleka, qui est l’un des arrondissements de la capitale connaissant la croissance la plus rapide, espère ouvrir un procès contre la commission pour avoir sous-évalué les terrains.

Les questions concernant les biens de l’Eglise ont également suscité la controverse en République tchèque voisine, où les députés du Parti démocratique civique (ODS), au pouvoir, et les partis d’opposition de gauche se sont prononcés en juin pour le report d’un accord sur la restitution d’un tiers des propriétés confisquées par les autorités communistes et le versement de dédommagements pour les deux tiers restants. (apic/eni/pr)

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