Le paysage religieux en France

Benoît XVI en France: Eglise catholique française en chiffres

Rome, 5 septembre 2008 (Apic) Du 12 au 15 septembre 2008, Benoît XVI effectuera en France, à Paris et à Lourdes, son 10e voyage apostolique à l’étranger, à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge à Lourdes. Bien que le catholicisme reste encore majoritaire dans l’Hexagone, le paysage religieux français est aujourd’hui extrêmement diversifié.

Selon les chiffres du Bureau central des statistiques de l’Eglise arrêtés au 31 décembre 2006, la France, sur une population totale de plus de 61 millions d’habitants, compte plus de 46 millions de catholiques (75,4 %).

Selon une enquête approfondie, réalisée en 2006 pour le quotidien La Croix, le recul de la pratique des fidèles catholiques en France a baissé de manière continue depuis les années 1970, période correspondant à l’après-Concile Vatican II (1962-1965). Alors que le pourcentage de personnes participant régulièrement à la messe dominicale s’élevait à 27 % en 1952, il atteint à peine 5 % aujourd’hui.

Malgré une baisse de la pratique religieuse, 2 Français sur 3 continuent de se dire catholiques. On assiste ainsi à un décalage dans la conception de la religion. L’appartenance religieuse (65 % des Français se déclarent catholiques) est aujourd’hui, en France, de moins en moins liée à la pratique. Mais il semble que l’identité des 5 % de catholiques pratiquant régulièrement s’est renforcée, notamment grâce à l’essor de nombreux mouvements et communautés nouvelles sur le territoire.

Parallèlement, la baisse du nombre de catholiques s’est accompagnée de la progression des personnes s’affichant comme «sans religion» (plus de 25 % des Français, notamment les jeunes) ainsi que de la progression de certaines religions, notamment l’islam.

Le paysage religieux français est aujourd’hui en profonde mutation, placé sous le signe de la diversité. Outre le catholicisme qui demeure majoritaire, les autres religions semblent en croissance. Parmi les chrétiens, les protestants représentent environ 1,2 millions de fidèles, soit 1 à 2 % de la population. Parmi eux, un nombre toujours croissant de fidèles évangéliques et pentecôtistes.

La France compte également une importante communauté juive dont le nombre de fidèles s’élèverait à 500’000 – 600’000 personnes. Les bouddhistes, longtemps marginalisés, font aussi partie, actuellement, du paysage religieux français. On estime leur nombre à 450’ 000, dont environ 1/4 venus d’horizon tout autre que l’Asie. Quant à l’islam, il représenterait entre 2,5 et 4 millions (selon les sources) de fidèles en France, se plaçant au rang de deuxième religion dans l’Hexagone.

En quelques chiffres pour le dire

Les circonscriptions ecclésiastiques en France sont au nombre de 98, avec 186 évêques, à la date du 15 juillet 2008.

On dénombre dans le pays 16’553 paroisses et 21’074 prêtres dont 15’863 sont diocésains et 5’211 sont religieux. Il y a aussi 2’099 diacres permanents, 2’904 religieux non prêtres, 39’521 religieuses et 1’577 laïcs membres d’instituts séculiers. La France compte en outre actuellement quelque 1’300 séminaristes.

Sur le plan éducatif, on y dénombre 7’113 écoles maternelles et primaires catholiques pour 833’380 élèves, 2’726 collèges et lycées (avec 1’215’864 élèves) et 356 instituts supérieurs et universités (58’996 étudiants).

Concernant les centres caritatifs et sociaux appartenant ou dirigés par des ecclésiastiques ou des religieux, on compte 94 hôpitaux, 103 dispensaires, 520 maisons de soins ou de retraite, 96 orphelinats et garderies, 49 centres familiaux pour la protection de la vie et 247 centres spéciaux d’éducation ou de rééducation sociale ainsi que 65 autres institutions. Apic

Encadré

Les papes et la France

Les visites des papes en France ont été nombreuses au cours de l’histoire. Benoît XVI est le 10e pape à se rendre en France, en dehors de la période de la papauté avignonnaise (1309-1376).

De Pépin le Bref à Napoléon

Avant Benoît XVI, le premier à venir dans l’hexagone fut Etienne II, en 754. Il vint à Saint-Denis renouveler le sacre du roi Pépin le Bref auquel il associe son fils Charles, futur Charlemagne. Lors de ce passage, il reçoit du roi ses Etats et le fait, avec son fils, ’Patrice des Romains’, les honorant et les désignant ainsi défenseurs de la papauté.

Grégoire IV, en 835, inaugura, également à Saint-Denis, en présence du roi Louis Ier le Pieux, de ses enfants et de nombreux évêques, la première fête de la Toussaint célébrée dans le royaume. Ce faisant, il travailla à la réconciliation des fils de Louis qui conduira au serment de Strasbourg, premier traité en français établissant la paix dans le royaume.

Pascal II se rendit en France en 1107. Il reçut à Saint-Denis Philippe I et son fils, le futur Louis VI le Gros, qu’il qualifia de «fils très dévoué des apôtres». Innocent II foula le sol de l’hexagone en 1131. Alors qu’un antipape s’opposait à lui, il fut confirmé comme pontife au Concile d’Etampes, et célébra Pâques à Saint-Denis en présence de Louis VI et de Saint Bernard.

Eugène III, en 1147, en butte à une situation difficile à Rome, quitta la ville éternelle pour Paris. Lors de son passage, il consacra l’abbaye Saint-Pierre de Montmartre assisté par saint Bernard et Pierre le Vénérable, abbé de Cluny. En 1163, Alexandre III dut aussi rechercher la protection du roi de France Louis VII, et honora le souverain du titre «d’unique défenseur de l’Eglise après Dieu».

Il fallut ensuite attendre 7 siècles et la Révolution, si l’on excepte la période où la papauté s’installa en Avignon, pour qu’un pape refasse le voyage de France. Le pape Pie VI fut contraint par la République française à renoncer à son pouvoir temporel et forcé à quitter Rome dans la nuit du 19 au 20 février 1798. Fait prisonnier par les Français, il fut détenu à Grenoble, Briançon et enfin Valence où il meurt d’épuisement le 29 août 1799. Son successeur, Pie VII, séjourna trois mois à Paris, entre 1804 et 1805, à l’occasion du couronnement de Napoléon. Mais, en 1812, Rome annexée par la France, le pape est tenu prisonnier pendant 12 mois à Fontainebleau. Il faut ensuite attendre la fin du 20e siècle et une situation moins dramatique pour voir à nouveau un pape se rendre en France.

Jean Paul II avait une sollicitude particulière pour la France. Au cours de ses études, il eut l’occasion de découvrir pour la première fois l’Hexagone et Lourdes pendant l’été 1947. Le pape aura visité huit fois la France, ce qui fait de cette nation le pays le plus visité par le pape après sa Pologne natale, où il s’était rendu à neuf reprises. Apic

Encadré

Survol d’une visite

Benoît XVI arrivera à l’aéroport de Paris-Orly à 11h10 le 12 septembre, pour être reçu ensuite par Nicolas Sarkozy. Le 12 septembre, le pape rencontrera des représentants du monde de la culture au Collège des Bernardins, avant de célébrer les vêpres à Notre-Dame de Paris à 19h15. Le 13 septembre, à 9h10, Benoît XVI se rendra à l’Institut de France, sur le quai Conti, face au Louvre, pour une brève visite à l’occasion de laquelle il dévoilera une plaque commémorative. Puis, à 10h, le pape rejoindra en papamobile l’esplanade des Invalides pour y célébrer la messe. Dans l’après-midi du 13 septembre, un peu avant 18h, Benoît XVI atterrira à l’aéroport de Tarbes-Lourdes Pyrénées. Le pape entamera alors le Chemin du Jubilé, sur les pas et dans les lieux où vécut Bernard Soubirous, au coeur de la ville de Lourdes avant des rejoindre les Sanctuaires. Durant son séjour à Lourdes, Benoît XVI résidera à l’Ermitage Saint-Joseph, à l’extérieur des Sanctuaires et de la ville. Apic

(apic/imedia/hy/ms/pr)

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