Afghanistan: Le jeune Sayed Pervez Kambaksh attend déjà depuis sept mois en prison

Condamné à mort pour «blasphème»

Kaboul, 9 septembre 2008 (Apic) Condamné à mort pour «blasphème» après un procès expéditif d’une durée de cinq minutes, Sayed Pervez Kambaksh attend son exécution depuis sept mois déjà. Le jeune étudiant afghan de 23 ans se trouve dans la prison centrale surpeuplée de Kaboul.

Sayed Pervez Kambaksh a été condamné par un tribunal local de Mazar-e-Sharif, au cours d’un procès expéditif où il n’a pas eu droit à l’aide d’un avocat pour se défendre des accusations de blasphème. Il a été surpris à télécharger à partir d’internet des informations sur les droits de la femme qualifiées de «non islamiques».

«Je ne sais pas ce qui va m’arriver», a-t-il déclaré à un journaliste de la BCC qui a pu le visiter en prison à Kaboul. «Mon procès a été injuste dès le début. Dès le premier jour, ils m’ont traité très durement comme un criminel, pas comme un suspect, et je ne sais pas qui m’a fait cela. On a fait de mon cas une affaire politique, mon avocat a été menacé. J’ai perdu neuf mois de ma vie dans quatre prisons», a-t-il confié au journaliste.

Sa famille a très peu confiance dans le résultat du procès en appel. Elle dispose de peu d’informations sur cette procédure qui a déclenché une vive polémique au sein de la communauté internationale qui réclame la libération de Sayed Pervez Kambaksh. Ce cas est un exemple frappant du conflit entre l’islam conservateur régnant en Afghanistan et les vues libérales de l’Occident qui soutient à bouts de bras ce pays en proie à l’insurrection des talibans.

Le condamné s’est écarté de la religion «et l’islam ordonne qu’il soit exécuté»

«Kambaksh s’est écarté de la religion, et l’islam ordonne qu’il soit exécuté», déclare ainsi Enayatullah Baleegh, membre du Conseil des oulémas islamiques. Ce dernier est en Afghanistan un savant musulman populaire et très respecté. «Les tribunaux d’Afghanistan, comme le veut la Constitution, l’ont condamné à mort et nous l’attestons à 100%», a-t-il déclaré à la BBC.

Et cela n’est pas la voix d’une minorité extrémiste, car Enayatullah Baleegh donne son orientation religieuse dans l’une des mosquées les plus importantes de Kaboul. Il apparaît également chaque semaine sur les écrans de la télévision d’Etat, et le contenu de ses messages à la mosquée est loin d’être en faveur des puissances occidentales qui financent la reconstruction de son pays, rappelle la BBC. «Le président Karzai est un Pachtoune profondément conservateur qui comprend les traditions – sa femme n’apparaît jamais en public et il prie cinq fois par jour», selon Sir Sherard Cowper-Coles, ambassadeur britannique en Afghanistan.

La conférence interafghane de Bonn, en novembre 2001 au château de Petersberg, près de Bonn, réunissant sous l’égide de l’ONU les représentants des différentes ethnies et factions afghanes – a mis en place un système de gouvernement complexe avec une Constitution mélangeant législation occidentale et charia, la loi islamique. (apic/bbc/be)

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