Inde: Dans l’Etat de l’Orissa, les chrétiens sont plus mal traités que les animaux
Bombay, 11 septembre 2008 (Apic) Alors que la situation semble quelque peu se normaliser dans l’Etat de l’Orissa, les victimes de la violence se mettent à parler de ce qui s’est passé. Les attaques à la dignité humaine font l’objet de témoignages multiples. Ainsi celui du Père Bernard Diga, frappé à de nombreuses reprises et abandonné inconscient dans une forêt.
«Les attaques contre les chrétiens dans l’Etat de l’Orissa ont été des atteintes profondes à la dignité humaine. Le monde doit le savoir», c’est ce qu’a déclaré à l’agence de presse Asianews le Père Bernard Digal. «Dans certains Etats, même les animaux ont des droits. A Kandhmal, nous avons été traités pire que des animaux. Tous les sévices possibles et imaginables nous ont été imposés», a-t-il déclaré. «Aucune brutalité ne nous a été épargnée».
Bernard Digal est le trésorier de l’archidiocèse de Cuttack-Bhubaneshwar. Battu pendant des heures par des hindous radicaux, il a été abandonné à moitié nu dans une forêt. C’est son chauffeur qui l’a retrouvé dans cet état. Il est actuellement aux soins intensifs de l’hôpital du Saint-Esprit à Bombay.
Il se fait beaucoup de souci pour les membres de sa famille et tous les chrétiens qui doivent se réfugier là où ils peuvent, n’ayant aucune sécurité.
En visite le 23 août dans les paroisses du district de Kandhmal, le prêtre a subi les représailles des radicaux hindous à la suite du meurtre de Laxamananda Swami Saraswati et de quatre de ses disciples. Le 25 août, il a assisté, impuissant, à l’attaque et à la destruction de l’église Sankrakhol par des extrémistes hindous. Avec d’autres chrétiens, il s’est réfugié dans la forêt.
Le religieux affirme avoir été battu avec des barres de fer, des lances et des cailloux, au point de perdre conscience. Ce n’est que le lendemain matin que son chauffeur l’a retrouvé à moitié nu et inconscient. Sans acrimonie et sans état d’âme, le religieux décrit une situation dont il est sorti, alors que d’autres n’ont pas eu la même chance. Certains ont été découpés en morceaux ou brûlés vifs. Il se demande ce qu’il y a encore d’humain dans une telle attitude.
Dans l’Etat de l’Orissa, la vie des chrétiens ne vaut pas cher, affirme le religieux, soulignant au passage que les autorités locales sont impuissantes à maîtriser la situation. Il leur reproche même de ne rien entreprendre pour éviter ces violences et ces attaques à la dignité humaine.
Le porte-parole de la Conférence épiscopale indienne, Babu Joseph, a, quant à lui, insisté sur le fait que s’il existe encore des tensions, la situation revient à la normale. Les camps de réfugiés ont encore besoin d’être protégés contre d’éventuelles attaques d’extrémistes hindous. (apic/asianews/js)
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