La chasse aux chrétiens des extrémistes hindous

Orissa: Les témoignages des atrocités commises contre les chrétiens se font jour

New Delhi, 11 septembre 2008 (Apic) A mesure que la violence semble s’estomper en Orissa, où, durant plusieurs jours à partir du 24 août dernier, des extrémistes hindous ont mené une véritable chasse aux chrétiens, les récits des atrocités commises contre des catholiques, des protestants ainsi que des hindous se font jour.

Selon un rapport diffusé le 9 septembre par Mgr Raphael Cheenath, archevêque de Cuttack-Bhubaneshwar, le bilan, provisoire, de ces journées fait état de 27 morts, tous chrétiens à l’exception d’une ou deux victimes, de religion hindoue, et de très nombreux blessés, dont des prêtres, des pasteurs et des religieuses.

Parmi les catholiques tombés entre les mains des hindouistes figure Rajesh Digal. Depuis le lieu où il se terre dans le district de Kandhamal, le district où les violences ont été les plus sévères, son beau-frère, Kamal Digal, catholique lui aussi, a confié le récit de sa mort à l’agence Ucanews, citée par Eglises d’Asie. Rajesh, 27 ans, et un ami hindou, Tunguru Mallick, travaillaient à Chennai (Madras), bien plus au sud dans le pays. A l’occasion de congés, ils sont arrivés le 24 août dans la localité de G. Udayagiri, située dans le district de Kandhamal, sans savoir qu’un dirigeant religieux hindou venait d’être assassiné et que des groupes hindouistes appelaient à des manifestations de protestation contre cet assassinat et désignaient les chrétiens comme les auteurs de cet acte.

Les transports publics étant empêchés de fonctionner, Rajesh et Tunguru ont décidé de gagner à pied Bataguda, leur village natal situé à une soixantaine de kilomètres de là. Mais, après douze kilomètres de marche, arrivés dans le village de Paburia, un groupe d’hindouistes les ont stoppés, leur demandant de s’identifier. Du sac de Rajesh, un homme a tiré une bible. Immédiatement, les coups ont commencé à pleuvoir sur Rajesh. Pendant que certains continuaient à battre le catholique tombé au sol, d’autres ont creusé un trou dans un champ voisin. Alors qu’ils le traînaient vers le trou, Rajesh a demandé à ses agresseurs s’ils comptaient l’enterrer vivant. Ils ont répondu : « Appelle ton Jésus. Il viendra te sauver. » Puis ils l’ont ligoté, jeté au fond du trou et enfoui sous la terre.

C’est son ami Tunguru qui a rapporté à Kamal Digal le déroulement des faits. Après avoir enterré vivant le catholique, les hindouistes s’en sont pris à Tunguru. Celui-ci assurait qu’il était hindou. Les assaillants lui ont reproché d’être ami avec un chrétien. Ils l’ont aspergé d’essence, avant d’y mettre le feu. Tunguru a eu la vie sauve grâce à des villageois qui ont étouffé les flammes. Très sévèrement brûlé, il a été hospitalisé par la suite.

Selon Kamal Digal, les deux plus jeunes soeurs de Rajesh ainsi que sa mère ont trouvé refuge dans un camp. L’assassinat de Rajesh n’a pas fait l’objet d’un dépôt de plainte à la police. (apic/eda/pr)

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