Les deux discours «se retrouvent en profondeur»
Paris, 13 septembre 2008 (Apic) Dans la soirée du 12 septembre, les participants ont réagi très positivement aux discours sur la laïcité prononcés quelques heures plus tôt à l’Elysée, à Paris, par Benoît XVI et par le président Nicolas Sarkozy. I.MEDIA a recueilli les impressions de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, du cardinal archevêque de Bordeaux Jean-Pierre Ricard, du recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur et de la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin.
Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, a ainsi jugé que les discours des deux hommes à l’Elysée «se retrouvaient en profondeur». L’ancien président de la Conférence des évêques de France a entre autres relevé les propos de Nicolas Sarkozy «sur la démocratie, l’importance de la raison et de la culture, des droits de la personne, l’importance des droits de l’homme au sein de la démocratie».
Selon lui, les propos du chef de l’Etat français s’appuyaient «sur un certain nombre de valeurs fortes qui rejoignent profondément ce que pense le pape, c’est-à-dire que notre société européenne ne pourra pleinement vivre et se développer que si elle ne se transforme pas en une pure société marchande, mais si elle est portée par un certain nombre de valeurs communes, en particulier autour du respect de la personne».
Une sympathie mutuelle
Au cours de son intervention à l’Elysée, a encore jugé le cardinal archevêque de Bordeaux, «le pape a tracé un idéal mobilisateur pour les générations à venir en Europe, et il disait cela en pensant à situation actuelle du président Sarkozy qui préside aussi l’Union européenne». En outre, l’archevêque de Bordeaux a également noté «dans l’attitude et le regard» du pape et de Nicolas Sarkozy «une sympathie mutuelle».
«L’attente des intellectuels, et des musulmans en particulier, a été comblée», a confié pour sa part Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris. En effet, d’après lui, «beaucoup de musulmans attendent un dialogue ouvert» comme celui évoqué le matin même à la fois par Nicolas Sarkozy et Benoît XVI.
Un discours pour l’Europe
La ministre du logement, Christine Boutin, a vu dans l’intervention du président français «un superbe discours qui était dans la ligne de celui du Latran (le 20 décembre 2007, ndlr), mais qui a aussi montré la place du dialogue entre les religions face aux grandes problématiques qui sont devant nous».
Christine Boutin, qui ne cache pas sa foi catholique, s’est dite frappée par les propos du pape rappelant «les fondements nécessaires pour l’Europe» dont «le respect de l’homme, de sa conception à sa mort naturelle, le respect des Etats dans leurs différences et dans leur culture, et puis naturellement la réalité son l’héritage chrétien».
Vers une laïcité européenne ?
Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la République française, a enfin souligné que «l’expression ’laïcité’ n’est pas la même dans toute l’Europe» mais que «l’idée d’une réflexion sur ce sujet est positive en vue d’avoir une approche commune entre Européens». Cet ancien président de la Convention européenne a estimé que «l’évolution en cours» en matière de laïcité «crée une convergence et surtout une lecture commune des Européens sur ce sujet». A ses yeux, «l’approche est plus ouverte qu’elle ne l’a été auparavant». (apic/imedia/ami/bb)
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