Glaris: Assemblée plénière de la RKZ les 26 et 27 septembre
Zürich, 1er octobre 2008 (Apic) Les délégués de la Conférence centrale catholique romaine (RKZ) se sont réunis les 26 et 27 septembre à Glaris. Au menu notamment: le projet d’étude sur les finances des Eglises et autres communautés religieuses, ainsi que la contribution de la RKZ à l’activité de l’Eglise au sein des médias, qu’il s’agisse de l’action menée au niveau des régions linguistiques ou à l’échelon national.
Dans le cadre du programme national de recherche 58 sur le thème «Collectivités religieuses, Etat et société», le bureau de conseil bernois ecoplan a été chargé de réaliser une analyse de l’utilité sociale et du coût des communautés religieuses en Suisse du nom de FAKIR (abréviation de «Finanzanalyse Kirchen: Gesellschaftliche Nutzen und Kosten der Religionsgemeinschaften in der Schweiz»). Ce travail, estime la RKZ dans un communiqué diffusé le 1er octobre, permettra de se forger une vision globale de l’apport de certaines communautés religieuses à notre société et des coûts que celui-ci engendre, ce qui constitue une première en Suisse. L’enquête qui sera menée sur l’utilité des prestations à caractère religieux et l’évaluation de ses résultats seront riches d’enseignements concernant les besoins réels de la population. Toutes données qui intéresseront les communautés religieuses dans la mesure où elles pourront servir de points de repère pour l’adaptation de leurs offres de prestations.
La discussion qui s’est déroulée à l’issue de la présentation du projet de recherche et d’enquête a mis en évidence le vif intérêt que suscite le sujet. Une fois de plus, la complexité de l’organisation du financement et de ses flux au sein de l’Eglise catholique en Suisse a été soulignée. Une complexité imputable pour beaucoup au fédéralisme, à l’existence parallèle de structures organisationnelles de droit canonique et de droit public ecclésiastique et au fait que des données importantes manquent pour l’établissement de statistiques financières véritablement parlantes. Aussi, c’est avec d’autant plus d’impatience que les résultats de la recherche sont attendus.
En cette époque où tant les médias que le grand public attendent des organisations à but non lucratif, notamment des Eglises et autres communautés religieuses, qu’elles se montrent transparentes et fassent bon usage des ressources financières et humaines à leur disposition, le projet FAKIR vient à point nommé pour l’Eglise catholique en Suisse, plus particulièrement pour la RKZ.
Fonds supplémentaires pour l’activité de l’Eglise dans les médias
L’importance croissante de la communication et des médias dans notre société et le rythme accéléré de l’évolution technologique dans le domaine des médias électroniques notamment obligent les Eglises à vouer une attention plus soutenue aux relations publiques et à leur présence dans les médias et à faire montre de davantage de professionnalisme à cet égard. Cette évolution a des incidences au niveau des ressources financières et humaines à mobiliser, cela plus particulièrement à l’échelon national et régional, car les grands médias et internet font fi des frontières paroissiales, cantonales ou diocésaines.
Un premier débat sur le montant que la Conférence centrale et ses membres peuvent mettre à disposition a révélé que la nécessité d’un effort financier accru est reconnue par une grande majorité des délégués. Divers intervenants ont toutefois fait remarquer qu’il ne sera pas facile de susciter les décisions indispensables à l’échelon cantonal. Les organisations ecclésiastiques cantonales jouissant d’une situation financière favorable versent déjà des contributions de solidarité très importantes en faveur de celles qui sont moins bien loties et il faut s’attendre à ce que la crise financière actuelle ait des répercussions sensibles sur leurs recettes fiscales. Aussi, un relèvement du subventionnement de l’activité au sein des médias ne saurait être mis exclusivement à leur charge. A cela s’ajoute que de nombreuses organisations ecclésiastiques cantonales de petite taille et aux ressources financières plus faibles ont déjà du mal à suivre les hausses des contributions dues à la Conférence centrale (et aux diocèses), cela dans la mesure où ces allocations représentent l’essentiel de leur budget de dépenses et où, en maints endroits, les paroisses sont tout juste à même d’assurer la pastorale locale.
Une politique crédible en matière de communication
Dans le contexte de l’élaboration décidée la Conférence des évêques d’un «business plan» pour l’activité médiatique de l’Eglise, il sera essentiel de mettre en évidence les avantages concrets apportés par des offres de prestations de meilleure qualité ou plus étendues dans le domaine médiatique et d’exploiter à fond tous les potentiels de coopération et d’économies. En outre, il s’agira de concevoir le travail dans les médias sous une forme qui tienne compte sérieusement de la vie ecclésiale locale, des aspirations des fidèles engagés et des intérêts d’un large public. Une activité médiatique qui se résumerait uniquement à être la voix de la hiérarchie ecclésiale ne jouirait pas d’un soutien suffisant. Ursula Muther, en qualité de présidente du groupe spécialisé Médias de la Commission d’experts mixte AdC / RKZ pour le secteur suisse, a résumé en des termes bien sentis le message central à faire passer: «Sans une politique crédible en matière de communication, nous serons tous perdants. Pas seulement la direction de l’Eglise, mais aussi les organisations ecclésiastiques cantonales, les paroisses et les fidèles engagés dans la vie ecclésiale. C’est pourquoi les paroisses, respectivement les communes ecclésiastiques ont intérêt à ce que l’activité dans les médias soit bien organisée au niveau des régions linguistiques et que des moyens suffisants soient dévolus à cet échelon, même si cela oblige à faire des économies ailleurs.»
Au-delà de projets solides visant à plus de crédibilité et d’impact dans la société et de planifications financières réalistes, la mise au point d’un argumentaire de qualité à l’échelon national ainsi qu’une collaboration encore plus intense de tous les intéressés sont indispensables si l’on veut obtenir des améliorations sensibles en temps voulu. Cela représente un défi pour la Conférence des évêques suisses et sa Commission des médias, pour la Conférence centrale, mais encore et surtout pour les institutions cofinancées actives dans toutes les régions linguistiques ainsi que pour les responsables de la communication et des relations publiques au niveau cantonal et diocésain.
Budget et élections
Le budget 2009 de la Conférence centrale a été adopté à l’unanimité. Il prévoit des recettes globales d’environ 9,9 millions de francs, dont 6,7 millions destinés au cofinancement des tâches pastorales. 1,7 million sera réservé au financement des tâches de migratio à l’échelon national tandis qu’environ 500’000 francs serviront au paiement des redevances de droits d’auteur dues par l’Eglise catholique en Suisse. Une fois encore, le versement de prestations réduites par le canton de Schwyz ainsi que par les diocèses de Sion et de Lugano aura des incidences négatives sur les recettes, à hauteur de 535’000 francs.
En raison de la mise en place progressive des nouvelles structures de la Conférence centrale et du retrait de Barbara Kühne-Cavelti de la présidence de cette dernière, l’assemblée plénière sera appelée lors de sa prochaine session à compléter l’effectif de la présidence ainsi qu’à élire les membres de sa Commission des finances. Ont déjà été désignés: Anne Carron (GE), en tant qu’expert appelé à siéger au sein de la Commission pour la communication et les relations publiques; Leo Baumgartner (SO), en qualité de membre de la Commission de financement et de planification de migratio, ainsi que Maria Graf-Huber (LU), Pierre-André Schaffter (JU) et Daniel Kosch comme représentants de la Conférence centrale au sein de la Commission de surveillance du centre de coordination pour les formations modulaires dans le champ professionnel (ForModula).
Allocution de bienvenue de l’évêque de Coire
Mgr Vitus Huonder, invité pour la première fois à une assemblée plénière de la RKZ, l’a remerciée pour son activité. Cette dernière est importante et précieuse dans la mesure où elle assure l’infrastructure matérielle et autres conditions nécessaires au travail de multiples conférences, institutions, commissions et cercles oeuvrant à l’échelon du pays. Pour ce qui est de l’avenir, citant le professeur Yvo Hangartner, Mgr Huonder a souligné la nécessité pour le droit public ecclésiastique de faire face aux défis que lui lancent la sécularisation de la société et la perte de substance qu’elle entraîne pour l’Eglise multitudiniste.
Ce sujet devra être approfondi lors du séminaire organisé par la Conférence des évêques suisses en novembre sur le thème de «L’Eglise catholique et l’Etat en Suisse». Une rencontre à laquelle participeront également des représentants du Saint-Siège et une délégation de la Conférence centrale. Incontestablement, il y a lieu de discerner dans l’effectif élevé des membres de l’Eglise catholique en Suisse, cela malgré la sécularisation, et dans le nombre relativement faible des sorties d’Eglise, une retombée positive des droits de participation des fidèles en matière d’utilisation de l’impôt ecclésiastique à l’échelon communal et cantonal. Cette possibilité de participation active renforce le sentiment d’appartenance et la confiance dans le fait que les ressources financières sont utilisées de manière ciblée, en tenant suffisamment compte des besoins de l’Eglise locale. Dans le cadre d’une réunion préparatoire organisée en marge de l’assemblée plénière, les membres de la délégation de la Conférence centrale au séminaire de novembre se sont mis d’accord sur la nécessité de soutenir un développement judicieux des structures de droit public ecclésiastique. Une évolution qui ne devra pas remettre en cause les chances incontestées et les opportunités de participation démocratique des fidèles qu’offre l’ancrage de ces structures dans la société. (apic/com/bb)
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