Benoît XVI condamne à nouveau la contraception
Rome, 3 octobre 2008 (Apic) 40 ans après sa publication, Benoît XVI a réaffirmé l’actualité de l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI (1963-1978) sur le mariage et la régulation des naissances.
Dans un message envoyé à l’occasion d’un congrès international marquant à Rome le 40e anniversaire de cette encyclique, le pape a ainsi condamné une nouvelle fois la contraception tout en reconnaissant la difficulté de nombreux fidèles catholiques à comprendre cette position de l’Eglise.
Comme en mai dernier lors d’un premier congrès sur l’encyclique publiée par Paul VI le 25 juillet 1968, Benoît XVI a ainsi expliqué que «l’amour de Dieu» se manifeste «en appelant à la vie les êtres humains». En conséquence, le pape a affirmé qu’»exclure cette dimension communicative au moyen d’une action visant à empêcher la procréation signifie nier la vérité intime de l’amour entre les époux par lequel se manifeste le don divin».
A la lumière d’Humanae Vitae, a rappelé encore le pape, «les enfants ne sont plus l’objectif d’un projet humain mais sont reconnus comme un don authentique à accueillir avec une attitude de générosité responsable envers Dieu».
Régulation naturelle des naissances
Par ailleurs, a reconnu Benoît XVI, «il est vrai que, dans le chemin du couple, peuvent intervenir des circonstances graves qui rendent prudent d’espacer les naissances des enfants ou même de les suspendre». «C’est dans ces cas, a alors expliqué le pape, que la connaissance des rythmes naturels de la fertilité de la femme devient importante pour la vie des conjoints».
Le pape s’est alors demandé «pourquoi le monde, aujourd’hui, et également de nombreux fidèles, ont tant de difficulté à comprendre le message de l’Eglise qui illustre et défend la beauté de l’amour conjugal dans sa manifestation naturelle». «Certes, a-t-il expliqué, y compris dans les grandes questions humaines, la solution technique semble souvent la plus facile». A ses yeux, cependant, «elle ne cache pas en réalité la question de fond concernant le sens de la sexualité humaine et la nécessité d’un contrôle responsable». «La technique ne peut remplacer la maturation de la liberté quand l’amour est en jeu», a enfin noté le pape.
Un congrès international pour le 40e anniversaire de l’Encyclique Humanae Vitae se déroule les 3 et 4 octobre à l’Université catholique romaine du Sacré-Coeur. Le président du Conseil pontifical pour la famille, le cardinal Ennio Antonelli, participe à ce congrès organisé notamment par l’Institut Jean Paul II pour les études sur le mariage et la famille. Les quelque 400 congressistes d’Europe et notamment d’Italie participeront le 4 octobre à 8h30 à une messe présidée par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège.
En mai dernier, devant les participants à un congrès alors organisé par l’Université pontificale du Latran, Benoît XVI avait dénoncé une sexualité qui deviendrait «une drogue» et rappelé qu’aucune «technique» ne pouvait remplacer l’acte de procréation fondé sur l’amour. Le souverain pontife avait alors rappelé la condamnation de toute contraception artificielle et de la procréation médicalement assistée, en appelant aussi à «une éducation adéquate à la sexualité» des jeunes.
Humanae vitae tradendae munus gravissimum
L’Encyclique Humanae vitae, «sur le mariage et la régulation des naissances», fut signée par Paul VI le 25 juillet 1968. L’Encyclique débute par cette phrase : «Humanae vitae tradendae munus gravissimum» (le très grave devoir de transmettre la vie humaine).
Pour préparer cette Encyclique, des commissions successives furent convoquées pendant 5 ans par le pape Paul VI. Toutes, dans des formes diverses, proposèrent des assouplissements de la doctrine. Après beaucoup d’hésitations, la décision de Paul VI fut ainsi aussi claire qu’inattendue. Il maintint la position de ses prédécesseurs.
L’Encyclique confirme ainsi le «lien indissoluble (…) entre les deux significations de l’acte conjugal: union et procréation (…). Tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie». Elle déclare «intrinsèquement déshonnête» toute méthode artificielle de régulation des naissances. En revanche, la légitimité de «tenir compte des rythmes naturels (…) pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et réguler ainsi la natalité» est reconnue.
En 1968 et après Vatican II, l’Encyclique eut l’effet d’une bombe dans une opinion très largement favorable à un assouplissement de la doctrine. Cette prise de position du pape déclencha une profonde crise d’autorité dans l’Eglise. (apic/imedia/ami/pr)
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