Rome: Le Synode fait un état des lieux sur la Parole de Dieu dans les 5 continents

L’Afrique, «terre biblique»

Rome, 7 octobre 2008 (Apic) Dans l’après-midi du 6 octobre 2008, au Vatican, le Synode des évêques sur la Parole de Dieu a été l’occasion d’un premier état des lieux sur la réception de la Bible à travers le monde. Devant près de 250 pères synodaux, des prélats des cinq continents ont ainsi pris la parole. Parmi eux, un évêque africain a lancé un appel à la solidarité et au «partage des ressources» pour permettre de diffuser le message biblique en Afrique.

Un évêque indien a pour sa part mis en avant le «service silencieux» des chrétiens dans les pays où la liberté religieuse est limitée.

Premier à intervenir, Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, évêque d’Abuja au Nigeria, a soutenu que l’usage de la Bible était plus étendu en Afrique qu’ailleurs. «Notre continent, a-t-il soutenu, peut se vanter d’être bien davantage une ’terre biblique’ que beaucoup de grandes nations chrétiennes d’aujourd’hui».

L’évêque nigérian a également noté devant ses confrères que, dans certaines régions d’Afrique, le prix d’une Bible représente parfois un salaire mensuel, soulignant aussitôt le travail des «frères protestants» pour imprimer des Bibles à petit prix et en proposer de nombreuses traductions.

Mgr Onaiyekan a aussi souligné le besoin urgent de solidarité mondiale et d’un partage des ressources pour permettre de «répandre le message des Ecritures» à travers les nouvelles technologies en Afrique, «continent de première évangélisation».

S’il a estimé que les fidèles de religions traditionnelles n’étaient pas très éloignés des vérités et valeurs de la foi chrétienne, l’évêque africain a cependant dénoncé «les attaques et le harcèlement» de groupes fondamentalistes chrétiens. «L’Afrique, a-t-il regretté, est malheureusement la décharge de toutes les idées folles venant d’autres continents, notamment les affirmations selon lesquelles notre Eglise ne ’respecterait’ pas la Bible».

Parallèles entre la Bible et le Coran

Mgr John Olorunfemi Onaiyekan a par ailleurs noté les parallèles entre la Bible et le

Coran, ainsi que le discours commun qui peut être engagé avec les musulmans. «Le drame, a-t-il expliqué, est toutefois que peu de choses sont faites dans cette direction, en particulier parce que les rivalités entre chrétiens et musulmans se concentrent très souvent sur nos différences plutôt que sur tout ce que nous avons en commun».

L’évêque a aussi regretté que «certains fanatiques affirment effrontément que le Coran est la correction et l’amélioration apportés par Dieu à nos Ecritures».

L’Asie a faim de religion

«C’est en Asie que la Parole s’est fait chair», a pour sa part affirmé Mgr Thomas Menamparampil, archevêque de Guwahati en Inde. Après être revenu sur l’évangélisation du continent asiatique, l’évêque indien a évoqué l’action des missionnaires dans les domaines de l’éducation et de la santé, auprès des nouvelles formes de pauvreté comme l’analphabétisme, le chômage, la violence urbaine, l’inégalité des sexes et des castes, le ’foeticide’ féminin et la toxicomanie, mais aussi auprès des enfants des rues et des mères célibataires, des familles divisées, des handicapés, des patients atteints du sida, des malades terminaux, des victimes de violences, des migrants, des habitants des bidonvilles, des sans-terre et des détenus.

«Même là où l’Evangile trouve plus de résistance, le témoignage évangélique d’oeuvres socialement importantes est le bienvenu», a encore lancé l’évêque à propos du continent asiatique. Il a ainsi évoqué le «service silencieux mais sincère» des chrétiens dans des situations où la liberté de religion est limitée.

Mgr Thomas Menamparampil a aussi noté le «pouvoir évangélisateur» de l’esprit de pardon et de la modération de la réaction des «chrétiens qui subissent une forte pression», citant en exemple les récents actes de violence à l’égard des chrétiens dans l’Etat indien de l’Orissa.

L’archevêque de Guwahati a également souligné le foisonnement des vocations en Asie et la grande dévotion des fidèles, y compris dans les villages les plus éloignés où il n’est pas possible de célébrer la messe tous les dimanches. S’il a estimé que la religion ne semble pas s’affaiblir en Asie, il a aussi noté qu’elle se manifeste sous de nouvelles formes, «de temps en temps avec une touche politique». «L’Asie a toujours faim de religion», a encore lancé Mgr Thomas Menamparampil.

A leur tour, des évêques d’Amérique latine, d’Europe et d’Océanie ont pris la parole dans la salle du Synode. Le cardinal Josip Bozanic, archevêque de Zagreb en Croatie, a entre autres souligné le «lien indissoluble entre la Bible et l’Europe». (apic/imedia/ami/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-le-synode-fait-un-etat-des-lieux-sur-la-parole-de-dieu-dans-les-5-continents/