Le diocèse de Baguio aux barricades

Philippines: L’Eglise condamne l’exploitation sauvage de mines

Manille, 7 octobre 2008 (Apic) Le diocèse de Baguio, aux Philippines, a mis en garde contre les dangers de l’exploitation sauvage des mines, après une catastrophe qui a fait de nombreuses victimes le 23 septembre dernier.

Une critique adressée au passage contre la lenteur des moyens mis en oeuvre pour sauver des mineurs restés sous terre.

Le 2 octobre dernier, les sauveteurs remontaient le dernier survivant d’une catastrophe minière survenue à Itogon, ville de la Cordillière de l’île de Luzon où des mines d’or semi-abandonnées continuent d’être exploitées par les populations locales. « C’est un vrai miracle », a déclaré Georges Baywong, responsable du Bureau des mines et de la géologie, qui avait décidé ce jour-là d’abandonner les opérations de recherche. Après onze jours passés sous terre, Anaysan est sorti vivant de cette catastrophe, portant à dix le nombre des rescapés. Recherché pour vol par la police, ce rescapé a cependant été arrêté peu après avoir été remonté à l’air libre.

Le 23 septembre, la mine autrefois exploitée par la Benguet Mining Corporation (BMC) n’avait pas résisté au passage du typhon Hagupit qui a inondé et fait s’effondrer des galeries, piégeant les mineurs à plus de 200 mètres sous terre. Au moins six corps ont été remontés par les sauveteurs.

«Depuis des années, le diocèse organise des réunions pour les communautés locales sur la sécurité dans les mines et la préservation de l’environnement, explique Erlinda Tindo, du centre d’action sociale du diocèse de Baguio. Mais quoi que l’on fasse, les gens de la province de Benguet et d’ailleurs continuent de venir à Itogon, chercher de l’or dans les galeries creusées par la BMC».

Mgr J. Carlito Cenzon, évêque de Baguio, diocèse qui correspond à la province de Benguet, a chargé le Bureau diocésain d’action sociale d’enquêter sur l’accident avant de faire une quelconque déclaration. «D’après ce que j’ai compris, ces mineurs étaient illégaux, aussi je ne ferai pas de commentaires. Ils n’auraient pas dû se trouver là, a-t-il déclaré à l’agence Ucanews. L’Eglise s’inquiète également pour les familles dont les maisons ont été détruites quand le tunnel s’est effondré».

Lorna Wasia oeuvre à la paroisse Notre-Dame de Fatima à Tuding, localité du district d’Itogon. Elle rapporte que la communauté catholique a distribué de la nourriture et porté secours aux familles des mineurs après le passage du typhon, qui a emporté 90 maisons. «De nombreuses familles de la région dépendent de la mine pour leur gagne-pain. L’activité est illégale, mais les mineurs se sentaient ’en sécurité’ quand ils descendaient dans les puits, même pendant les typhons, parce que la BMC avait, pensaient-ils, construit un tunnel qui détournait l’eau de pluie des galeries». (apic/eda/pr)

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