Rome: Benoît XVI souhaite la poursuite du procès de béatification de Pie XII
Rome, 9 octobre 2008 (Apic) Au cours de la messe qu’il a présidée pour le 50e anniversaire de la mort de Pie XII (1939-1958), Benoît XVI a souhaité que son procès de béatification se poursuive sans incident. Le 9 octobre 2008, dans la basilique Saint-Pierre, le pape a regretté l’absence d’un débat «serein» et a justifié les silences controversés de Pie XII comme une «manière secrète et silencieuse» de «sauver le plus grand nombre de juifs».
«Alors que nous prions pour que se poursuive sans incident la cause de béatification du serviteur de Dieu Pie XII, il est beau de rappeler que la sainteté fut son idéal, un idéal qu’il ne manqua pas de proposer à tous», a ainsi affirmé Benoît XVI.
Commission spéciale pour étudier le dossier
Le Vatican a ouvert la cause de béatification de Pie XII en octobre 1967. En mai 2007, les membres de la Congrégation pour les causes des saints avaient voté à la majorité «les vertus héroïques» de Pie XII et Benoît XVI aurait dû signer le décret le rendant vénérable. Mais, en décembre 2007, ce dernier avait décidé de créer une commission spéciale pour étudier le dossier du procès. Cette commission s’est semble-t-il réduite à un seul membre de la secrétairerie d’Etat, décédé depuis. La décision d’accélérer le processus de béatification d’Eugenio Pacelli est donc entre les mains de Benoît XVI.
Venu à la rencontre de la presse peu avant la prise de parole de Benoît XVI, le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a expliqué que le pape avait «voulu manifester explicitement son union spirituelle à un souhait répandu dans le peuple de Dieu». Le pape ne s’est toutefois pas exprimé sur les prochaines étapes de la cause ni sur les délais, c’est-à-dire la signature du décret de reconnaissance des vertus héroïques, a poursuivi le Père Lombardi qui a cependant soutenu qu’il jugeait «opportun un temps de réflexion».
Dans son homélie, Benoît XVI a évoqué la «référence claire à la déportation et à l’extermination perpétrées contre les juifs» prononcée par Pie XII dans son message radio de Noël, en décembre 1942. «Il a souvent agi de manière secrète et silencieuse justement parce que, à la lumière des situations concrètes de ce moment historique complexe, il avait l’intuition que c’est seulement de cette manière qu’il pouvait éviter le pire et sauver le plus grand nombre de juifs», a justifié Benoît XVI.
Regrettant un débat historique «pas toujours serein» sur la figure de Pie XII, le pape a aussi évoqué les remerciements qui furent adressés au pape de la Seconde Guerre mondiale «par les plus grandes autorités du monde juif». Ainsi par exemple la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Golda Meir, avait dit pleurer «la perte d’un grand serviteur de la paix» en 1958.
Devant de nombreux cardinaux et évêques dans la basilique Saint-Pierre, le pape a aussi évoqué l’»oeuvre de charité intense» que Pie XII promut pour défendre les personnes persécutés, sans aucune distinction de religions, d’ethnies, de nationalités et d’appartenance politique.
Enfin, ses proches et d’autres témoins évoquent par ailleurs les privations quant à la nourriture, le chauffage, les habits, les commodités, auxquelles il se soumettait volontiers pour partager la condition des personnes durement éprouvées par les bombardements et par les conséquences de la guerre, a affirmé le pape.
Benoît XVI a présidé la première partie de cette messe depuis un trône installé sur un côté de la basilique, reprenant un usage ancien. Il a célébré cette messe vêtu d’une planète (chasuble romaine) de forme antique. Trois jours avant cette messe, le rabbin d’Haïfa Shear-Yashuv Cohen, premier juif invité à s’exprimer devant le Synode des évêques en cours au Vatican, avait évoqué le silence de certains «grands responsables religieux» face à l’holocauste, l’extermination des juifs par les nazis. Il avait ensuite confié à la presse qu’il était opposé à l’éventuelle béatification d’Eugenio Pacelli. (apic/imedia/ms/be)
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