Colombie: Civils tués puis camouflés en guérilleros: l’enquête s’élargit
Bogota, 9 octobre 2008 (Apic) Le parquet de l’Unité nationale des droits humains de Villavicencio, dans le centre-est de Colombie, a ordonné mercredi l’arrestation de six militaires du commando anti-enlèvement de l’armée, accusés d’avoir assassiné deux civils, puis de les avoir fait passer pour des guérilleros morts au combat.
Il s’agit du dernier épisode en date d’une longue série de cas analogues baptisés en Colombie « faux positifs », termes utilisés par les forces armées pour les rebelles tués lors d’opération militaire.
Les enquêteurs sont au travail depuis plusieurs semaines, analysant les corps d’au moins 23 jeunes tués dans des circonstances obscures en début d’année à leur domicile à Soacha, un faubourg pauvre de la capitale Bogotá, dont les noms sont apparus plusieurs mois plus tard sur les listes de victimes des combats rédigées par l’armée.
D’après leurs familles, avant de perdre leurs traces, les jeunes disparus avaient été engagés pour travailler dans des exploitations agricoles dans le nord du pays.
Le président Alvaro Uribe est intervenu mercredi en volant au secours des forces armées: « Le procureur général Mario Iguarán a assuré que les jeunes disparus de Soacha sont certainement morts dans des affrontements armés, ils n’étaient pas allés ramasser du café mais ils avaient été recrutés pour des actes de délinquance », a déclaré le président. Une déclaration qui passe pour de l’ingérence dans une affaire de justice, voire criminelle. Les affirmations de Uribe ont été démenties quelques heures plus tard par Iguarán en personne: « Morts au combat ? Nous ne le savons pas encore, nous enquêtons », a-t-il répondu. (apic/misna/pr)
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